LA FACE CACHEE DE PLAYBOY, le doc qui fait tomber le mythe

Posté par Marc Larcher le 5 mai 2022
Cette série documentaire dresse un réquisitoire implacable contre le système Hugh Hefner, le créateur du magazine Playboy et propriétaire du fameux manoir rempli de playmates. Agressions sexuelles, overdoses, suicides, violences, intimidations… Tout y passe.
Une affaire #METOO qui dure des décennies

« Je fais pas ça pour avoir mon quart d’heure de célébrité ! D’ailleurs, qui voudrait salir sa réputation pour si peu ? Je veux juste du changement pour les femmes et que les jeunes filles ne fassent plus la même erreur car il y a toujours des hommes comme ça ». C’est une ancienne playmate qui parle alors qu’on la maquille avant qu’elle ne passe à l’antenne dans cette étonnante série documentaire. Une autre plus jeune lâche d’entrée : « Je ne crois pas qu’on connaisse véritablement l’héritage d’Hugh Hefner. On n’a même pas encore enlevé la poussière ». L’avertissement est clair : une des figures les plus connues de l’entertainment américain, le patron du magazine Playboy, hôte du showbiz dans son manoir peuplé de jeunes femmes en petite tenue, symbole pendant des décennies d’un mode de vie sexy, s’apprête à être déboulonné.

Un système de domination absolue des femmes

« Il a changé la façon dont on perçoit le sexe dans ce pays » clame une présentatrice de JT à l’annonce de sa mort en 2017. Et ce, en s’appuyant sur un magazine vendant jusqu’à sept millions d’exemplaires par mois rempli de photos de femmes dénudées et d’articles de très grande qualité. Tout le monde s’accorde sur l’influence énorme d’Hugh Hefner sur la société américaine en devenant un symbole de la libération sexuelle dans les années 50-60-70 et sur l’énorme pouvoir d’attraction du manoir Playboy à Los Angeles, le luxe, les animaux exotiques, l’ambiance, les soirées, ce que le fondateur avait baptisé « un DisneyLand pour adultes ». Mais les anciennes locataires du lieu interrogées commencent à raconter l’envers du décor : Hefner qui se comporte comme un monarque de droit divin tout en se présentant comme un défenseur du féminisme, l’exploitation sexuelle des playmates, les opérations de chirurgie esthétique pour correspondre aux canons du lieu, les caméras filmant tout le monde tout le temps et les micros enregistrant toutes les conversations, le sexe sans préservatif avec le boss, la drogue, l’alcool à volonté, les suicides... « Il ne s’agissait pas de redonner le pouvoir aux femmes mais de les casser » explique Jennifer Saginor qui a grandi dans le fameux manoir parce que son père était le meilleur ami et médecin du propriétaire des lieux. Ce qui n’empêchera pas Hugh Hefner de tenter de coucher avec elle puis de casser la promotion du livre qu’elle fera publier sur sa vie dans le manoir. Dès lors, on découvre avec effarement au gré des épisodes comment Playboy a construit un mur de silence sur tout ce qui passait dans ses coulisses et fait taire les multiples tentatives de le raconter. Notamment en employant d’ex-policiers de la ville et en menaçant chaque témoin récalcitrant.

L’origine du mal

Peu à peu, les épisodes de la série documentaire font plonger le spectateur en enfer. Les overdoses, les enquêtes pour meurtre, les suicides, les agressions sexuelles se succèdent mais Hugh Hefner n’est jamais mis en cause. « Tu as détruit tant de vies avec ta soif de pouvoir », raconte une ancienne bunny – surnom donné aux jeunes femmes. Un refrain repris par Holly Madison, une autre beaucoup plus jeune, ex-petite amie du boss, passée par l’émission de télé-réalité organisée sur place. Ce qui n’empêche pas le doc de tenter de découvrir l’origine du système Hefner et de sa soif de séduction. Selon un ami, il avait été éconduit par le premier amour de sa vie et aurait en quelque sorte passé sa vie à compenser cet échec en accumulant les conquêtes. Et en les détruisant au passage...

LA FACE CACHEE DE PLAYBOY, une série documentaire disponible avec CANAL+