La véritable histoire derrière LA GRANDE EVASION

Posté par Marc Larcher le 24 février 2022
Oubliez Steve McQueen, ce documentaire raconte dans le détail comment 76 prisonniers alliés ont bel et bien réussi à s’échapper d’un camp nazi. Episode qui a inspiré un des plus grands succès au cinéma des années 60
Un vrai moment d’Histoire

Il fallait bien trois épisodes de 45 minutes pour reconstituer l’événement invraisemblable qui s’est déroulé au milieu du chaos de la seconde guerre mondiale. Dans la nuit du 24 au 25 mars 1944, plus de 70 aviateurs alliés, détenus au camp de prisonniers allemand Stalag Luft III en Pologne, réussissent à s'échapper. Soit le véritable moment d’Histoire qui a inspiré le scénario de LA GRANDE EVASION (1963), le célèbre film de John Sturges avec Steve McQueen, qui a conquis des millions de spectateurs au cinéma et qui, depuis, fait encore les beaux jours de certaines chaînes de télévision.

Mission impossible : creuser des tunnels

Loin d’une vision hollywoodienne du sort des prisonniers, le documentaire de James Simpson s’attèle à reconstituer la vérité des faits. Tout d’abord, les aviateurs alliés désirant s’évader doivent faire face à des difficultés presque insurmontables : le sol est sableux et risque de faire effondrer les futurs tunnels, des microphones ont été placés autour du camp et les baraquements sont construits sur pilotis. Pourtant, les membres du comité d'évasion, baptisé « Comité X », dirigés par le chef d'escadron de la Royal Air Force Roger Bushell se lancent au printemps 1943 dans un projet ambitieux : la construction de trois tunnels démesurés, qu’ils nomment avec humour Tom, Harry et Dick. Chacun doit être creusé à plus de 10 mètres de profondeur et mesurer plus de 100 mètres de long. Une tâche a priori impossible sans éveiller l’attention des nazis qui les gardent, d’autant plus que les tunnels en question doivent passer sous les baraquements des officiers allemands.

Première catastrophe : les soldats allemands vont découvrir le tunnel baptisé Tom sur lequel les prisonniers avaient reposé une bonne partie de leurs espoirs d’évasion. Changement de tactique : les prisonniers s’arrêtent de creuser pendant deux mois, ils font mine de renoncer à toute velléité de fuite. Leur objectif est simple : faire en sorte que les SS baissent la garde. Ce que ceux-ci finissent par faire jusqu’à ce qu’à l’autre bout du camp, trois détenus s’échappent grâce à un autre tunnel percé sous un cheval de bois. Le plan B peut commencer : Robert Bushell ordonne de reprendre les travaux du tunnel Harry, bien que plus long et plus risqué que celui baptisé Tom. Ces efforts vont finir par payer : le 24 mars, 76 prisonniers réussissent à s'échapper jusqu’à ce que les soldats allemands entendent des bruits sous leur baraquement et sonnent l’alarme. Pour le documentariste James Simpson, il s’agit moins de montrer l’héroïsme des alliés que les véritables prouesses techniques et de reconstituer de la manière la plus précise possible leur exploit. Dans le troisième épisode, le spectateur découvre notamment que cette grande évasion ne résout tout pas leurs problèmes, loin de là.

Fuir mais où ?

Les 76 ex-prisonniers de guerre se sont enfuis mais ils sont désormais recherchés dans toute l'Allemagne nazie. Pour affronter cette nouvelle épreuve, certains sont mieux armés que d’autres, Roger Bushell et Tom Kurby Green ont eux des contacts à l’étranger et parlent couramment plusieurs langues. Ils choisissent de prendre le train avec leurs faux papiers d'identité et de se mêler à la foule sans se faire repérer. D’autres échappés n’ont d’autre choix que de marcher dans le froid glacial sans aucune certitude sur leur éventuelle survie. C’est la force de ce film, à l’intérieur ou à l’extérieur du camp, la tension du récit ne faiblit jamais, comme le courage de ses protagonistes.

LA GRANDE ÉVASION, une série documentaire disponible sur PLANÈTE+, avec CANAL+.