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Les Cahiers du cinéma, une certaine idée du septième art

Ils sont indissociables du cinéma français. Les Cahiers du cinéma, revue créée en 1951, ont accompagné l’histoire moderne du septième art en France. Le documentaire Les Cahiers du cinéma, une empreinte, de Philippe Lasry, retrace l’histoire de ce magazine qui a vu défiler d’illustres plumes, aux côtés d’historiens du cinéma ou collaborateurs de la revue. Comme ci-dessus, le professeur Hervé Joubert-Laurencin.

Une histoire qui commence après-guerre, alors que la jeunesse française profite d’un nouveau souffle. Celle-ci se forme volontiers sur les bancs des salles de cinéma mais aussi des ciné-clubs qui poussent comme des champignons dans les facs, partis politiques, usines ou associations.

Des salles obscures où les jeunes adultes peuvent se rassembler. Et, après la séance, discuter et réfléchir ensemble, comme le souligne dans le documentaire Jean-Michel Frodon, ancien directeur de la rédaction : « Il faut inventer le monde d’après. »

Le documentaire nous ramène à une période où les boulevards parisiens étaient constellés d’immenses salles, depuis remplacées par des magasins de bricolage ou d’ameublement.

Une époque de bouillonnement créatif où l’on découvrait tout d’un coup le cinéma américain et ses grands espaces, ou le néo-réalisme italien, les films japonais, à la Cinémathèque française par exemple.

Pour s’y retrouver, des gazettes sont créées. Parmi elles, ce qui deviendra Les Cahiers, fondés par André Bazin, Jacques Doniol-Valcroze, Joseph-Marie Lo Duca et Léonide Keigel.

Ceux-ci attirent une nouvelle génération de cinéphiles passionnés, qui ne sont pas encore réalisateurs : Jean-Luc Godard, François Truffaut, Éric Rohmer, Jacques Rivette, Claude Chabrol… C’est grâce à ces « jeunes Turcs », comme les appelait Bazin, que la revue connaît le succès.

Avec leurs textes incisifs, ils font sensation. Notamment François Truffaut, avec son fameux pamphlet « Une certaine tendance du cinéma français », paru en 1954, plaidoyer pour un cinéma plus libre, et attaque en règle du cinéma classique. Un gros coup cinq ans avant Les 400 Coups.

À la rédaction située aux Champs-Élysées, à Paris (où il y avait « une grande table, pour les mecs qui voulaient réécrire ou corriger, et les autres étaient debout », comme l’explique un membre historique du journal, Claude de Givray, ci-dessous), l’article divise.

Mais de 1951 à 1959, les jeunes autodidactes, pleins de fougue, se font une place. Et révolutionnent la critique, l’élevant au rang d’art. Par la suite, tous deviendront cinéastes, figures de la Nouvelle Vague. Et laisseront, une nouvelle fois, leur empreinte…

Les Cahiers du cinéma, une empreinte, Documentaire, 52 minutes, en ce moment sur CINÉ+ CLASSIC.