Martin Luther King, une vie sacrifiée pour les droits civiques

Il aurait pu devenir médecin ou avocat. Ce passionné de mode (ses amis l’appelaient « Tweed ») embrassera pourtant une autre voie : la même carrière que son père, pasteur, après de brillantes études à Boston.

Alors qu’il exerce à Montgomery en Alabama en 1955, dans un Sud des États-Unis marqué par les violences racistes (jusqu’à des meurtres abominables), l’affaire Rosa Parks éclate. Le pasteur entend bien soutenir cette femme noire qui a été arrêtée après avoir refusé de céder sa place à un Blanc dans un bus.

C’est là que Martin Luther King émerge comme un « leader incontesté » des droits civiques, comme le rappelle, dans le documentaire, son avocat Clarence B. Jones. 

La vie de Martin Luther King et de tout son entourage va alors s’en trouver bouleversée. Détesté, menacé, harcelé, pourchassé par le Ku Klux Klan, le pasteur va se retrouver en première ligne. Sa maison, ainsi que des églises, sont attaquées à la bombe incendiaire par des ségrégationnistes blancs.

Pour autant, pas question de se laisser intimider. Le militant tient bon et obtient gain de cause en 1956, avec la Cour suprême des États-Unis qui annule les lois ségrégationnistes en Alabama.

Sous pression, le pasteur continue le combat pour les droits civiques, tout en prônant la non-violence. Jusqu’au triomphe de la fameuse Marche sur Washington, en 1963, où l’Amérique blanche le découvre à son tour. Mais sa vie est un enfer.

Il est sans cesse arrêté, emprisonné. Blessé plusieurs fois. J. Edgar Hoover, le patron du FBI, le considère comme un « agent communiste » et veut sa peau. Le Bureau, qui le met sur écoute, cherche à le discréditer. Menace de révéler sa vie extra-conjugale agitée. Tente même de le pousser au suicide.

Quand il apprend qu’il reçoit le Prix Nobel de la paix, à 35 ans en 1964, Martin Luther King, sur un lit d’hôpital, n’est pas vraiment à la fête.

« L’intensité et le rythme de vie du docteur King, tout au long des années 1960, l’ont vidé », révèle son biographe, David Garrow. Tout comme le KKK et ses attentats meurtriers.

Pour l’avocat Clarence B. Jones, cela ne fait pas de doute : le pasteur, attaqué de toutes parts, va finir par être assassiné. C’est effectivement ce qui se passera, le 4 avril 1968, à Memphis.

Il mourra à 39 ans, après avoir consacré sa vie à lutter pour l’égalité. Le titre de la biographie de David Garrow ? Bearing the Cross. Porter la croix...

Série documentaire À droite sur la photo, en ce moment sur PLANÈTE+.