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Michael Callen, un pionnier de la lutte contre le sida

« Silence = mort. » Bien avant la naissance d’Act Up, organisation créée en 1987 pour lutter contre le sida, et de son slogan choc, Michael Callen avait compris l’importance de la prévention.

L’épisode de la série documentaire Instantané d’histoire intitulé Richard et Michael, l’amour au temps du sida revient sur la vie de cet activiste pionnier dans la lutte contre la maladie, qui s’est battu jusqu’au bout pour faire avancer les choses et les mentalités.

À l’époque où ce jeune musicien américain apprend qu’il est séropositif, personne ne sait encore ce qu’est le sida. On l’appelle « déficit immunitaire lié à l’homosexualité », voire « cancer gay ».

Nous sommes en 1982. Michael, batteur dans Lowlife, vient de quitter son Ohio natal pour San Francisco et le quartier du Castro, haut lieu pour la reconnaissance des droits de la communauté LGBT.

Le chemin à parcourir est immense : les connaissances sur la maladie sont très limitées. On ne sait pas comment elle se transmet, et encore moins comment la soigner.

Michael, à qui les médecins donnent six mois à vivre, prend conscience qu’il y a urgence. « Il faut qu’on prenne la parole, sinon, tout le monde va continuer à se contaminer et mourir. » Alors que le sida touche majoritairement la communauté gay, la droite chrétienne conservatrice parle de « punition divine ».

Au même moment, en 1983, à Paris, les professeurs Luc Montagnier et Françoise Barré-Sinoussi identifient le rétrovirus responsable du sida.

Désormais installé à Manhattan, Michael, avec l’aide de son médecin Richard Berkowitz, met au point un traitement expérimental. Les mois passent et Michael est toujours là, et pas prêt d’arrêter le combat.

Le jeune homme en est persuadé : il est essentiel de donner un visage à la maladie, pour que les gens comprennent qu’il ne s’agit pas de statistiques anonymes, mais bien de patients qui meurent, et que ça peut arriver à n’importe qui.

L’activiste imprime lui-même un manifeste de 40 pages, How to Have Sex in an Epidemic: One Approach, recommandant l’usage du préservatif. Il sera vite réimprimé.

Michael fait le tour des plateaux télévisés pour sensibiliser la population. Mais en coulisses, on refuse de le maquiller, et les preneurs de son mettent des gants…

Pour faire avancer les choses, il crée un club d’achat avec son médecin, pour partager ses connaissances et les traitements avec d’autres malades. À force, il est devenu un expert.

En 1987, Act Up naît à New York, et prend le relai, répétant ce qu’il dit depuis des années. La société commence à comprendre qu’il s’agit d’un problème majeur de la fin du XXe siècle.

Affaibli, Michael enregistre quand même un dernier album et donne un dernier concert. Les trithérapies arriveront trois ans après sa mort, survenue en 1993. Son tube, « Love Don't Need a Reason », lui, continue d’être joué dans des marches et rassemblements contre la maladie.

Instantané d’histoire, Richard et Michael, l’amour au temps du sida, Série Documentaire, 26 min, en ce moment sur HELLO.