Aller au menuAller au contenu principalAller à la recherche

Moi, fils de Pablo Escobar, un film pour démythifier le parrain de la drogue

Que sait-on vraiment de Pablo Escobar ? Vingt-sept ans après sa mort, le baron de la drogue colombien suscite encore bien des fantasmes. « Même dans notre pays, quand on essaie de raconter l’histoire officielle, tout le monde donne son avis ou partage ses théories, explique le journaliste Pascual Gaviria dans le documentaire Moi, fils de Pablo Escobar. Ce mythe est entretenu pour les touristes étrangers. »

Un mythe qui ne cesse d’alimenter les théories les plus farfelues, le cinéma bien sûr, mais aussi de hanter Medellin. La ville aimerait bien se débarrasser de l’encombrant fantôme de « El Padrino », qui attire chaque année des hordes de « narco-touristes » fascinés par la légende du fantasque baron.

Un richissime chef de cartel qui pouvait importer des hippopotames dans son hacienda un jour, et proposer de rembourser la dette externe du pays le lendemain.

Mais Escobar n’est pas qu’une machine à fantasmes pour la fiction : il a réellement existé, comme le rappelle son fils Juan Pablo Escobar, né en 1977.

Aujourd’hui dénommé Sebastian Marroquin, celui-ci témoigne à visage découvert. L’architecte installé à Buenos Aires brosse un portrait plus personnel et nuancé de l’homme le plus aimé et haï de Colombie. Le quadragénaire décrit un père attentionné (il a aussi eu une fille, Manuela, née en 1984), qui n’aurait raté une fête d’anniversaire pour rien au monde.

On le voit d’ailleurs sur des images d’archives, son jeune fils sur les genoux, entouré de ballons, de bambins et d’un clown qui lui titille la moustache. « Il n’avait aucune idée d’à qui il avait affaire », s’esclaffe Sebastian Marroquin en se souvenant de son enfance hors normes, entre circuit privé de karting et limousines à Las Vegas.

Selon lui, Pablo Escobar aurait tout fait pour sa famille, qu’il chérissait. Maria Victoria Henao, qu’il a épousée en 1976, voulait pourtant le quitter. Mais Escobar, refusant le divorce, lui envoyait « des poèmes et des roses ».

Un jour, leur maison est réduite en cendres par un cartel concurrent. Un Dali disparaît dans les flammes. « Mon amour, aucune œuvre de Dali n’a plus de valeur que tout ce que nous avons ici », lui dit son mari en désignant leurs enfants…

D’anciens « collaborateurs », comme son garde du corps, décrivent aussi un homme sensible. « Le jour qui a précédé sa mort, je l’ai vu pleurer et sourire. Pleurer devant ses hommes, pour quelqu’un de sa stature… il y avait de quoi être impressionné. » Effectivement, loin de l’image du roi de la coca entouré d’une légion de 3000 sicarios surarmés.

Sebastian Marroquin, lui, est forcément tiraillé (« ce n’est pas possible de ressentir plus d’émotions contradictoires que moi », dit-il), mais fait tout pour faire vivre le souvenir de son père, notamment en en parlant à son propre fils. Des histoires loin des théories du complots et d’Hollywood.

Moi, fils de Pablo Escobar, Documentaire, 60 min, en juillet sur PLANÈTE+.