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Pour Sama : Qui est Waad Al-Kateab, réalisatrice revenue de l’enfer d’Alep ?

Waad Al-Kateab était bien loin des tapis rouges de Los Angeles. Avec son film Pour Sama, réalisé avec Edward Watts, elle a pourtant tout gagné, à commencer par le BAFTA du meilleur documentaire en 2020. À Cannes, où le film a obtenu le Prix de l’œil d’or en 2019, Pour Sama a été ovationné pendant plusieurs minutes…

Avant cela, cette jeune Syrienne aux yeux clairs et à l’allure frêle n’était pas une habituée des cérémonies hollywoodiennes.

Quand le soulèvement contre le régime de Bachar Al-Assad éclate, Waad Al-Kateab (c’est un pseudonyme), 20 ans, se rend bien compte qu’il se passe quelque chose d’important.

La jeune femme, qui voulait au départ faire des études de journalisme (trop dangereux, selon sa famille), a alors dégainé son téléphone.

À partir de là, elle n’arrêtera jamais de filmer, montrant la vie quotidienne d’une ville assiégée. La mort, mais aussi l’entraide, la solidarité, la combativité de ses habitants.

Contactée par la télévision, la jeune mère, qui a accouché pendant le conflit d’une petite Sama, devient “journaliste-citoyenne”. Fournit des reportages à des chaînes locales ou étrangères, comme la britannique Channel 4 News.

C’est cette mission qui la pousse à rester, coûte que coûte, dans un pays en guerre, pour témoigner : sa place est à Alep. D’autant plus que son mari, Hamza, est médecin. Ensemble, ils réhabilitent un hôpital, y travaillent, aident les habitants, sans relâche.

Waad Al-Kateab filme tout. Entre 2011 et 2016, elle accumule plus de 500 heures de rushs, matière de son documentaire coup de poing. 

Dans lequel on entrevoit, aussi, son propre portrait. Celui d’une jeune femme courageuse, déterminée, profondément attachée à son pays, qui cherche à montrer la vérité au monde entier.

« Seule la révolution comptait », dit cette optimiste, qui refuse d’abandonner le combat, même quand la situation est plus désespérée que jamais. 

En 2016, Waad et son mari sont contraints de quitter Alep. Réfugié à Londres, où il a obtenu l’asile politique, le couple n’est pas près d’arrêter le combat.

En témoigne la robe que la réalisatrice arborait à la dernière cérémonie des Oscars, en février, à Los Angeles. En lettres roses, cette phrase y était brodée, en arabe : « Nous ne regretterons pas d’avoir réclamé la dignité. »

Pour Sama, Documentaire, 96 min, en ce moment sur CANAL+.