Pourquoi les Millennials sont dingues de « RBG », icône pop et anti-Trump

Si une règle bien connue veut qu’une rock star n’ait pas le droit de porter elle-même un t-shirt à sa propre effigie, qu’en est-il de celles qui offrent à leurs amis des t-shirts avec leur visage dessus ?

Ruth Bader Ginsburg, 87 ans, rock star à sa manière, est de toute façon un peu au-dessus des lois : c’est elle qui a le pouvoir de les interpréter.

Nommée juge à la Cour suprême des États-Unis par Bill Clinton, cette petite dame à l’allure frêle est devenue, sur le tard, la nouvelle idole des jeunes.

« Mèmes », tasses et même tatouages… Son visage sérieux s’affiche partout chez les Millennials américains, qui font volontiers la queue pour avoir un selfie avec elle.

Et la surnomment « Notorious RBG », d’après Notorious B.I.G., un rappeur (de Brooklyn, comme elle) avec qui elle a « beaucoup en commun », dit-elle malicieusement.

Comment cette crack du droit, qui n’a pas beaucoup de loisirs à part l’opéra, a-t-elle conquis le cœur des Millennials ?

« Les jeunes sont toujours en recherche d’idoles très différentes », rappelle la femme d’affaires et podcasteuse Aminatou Sow, une de ses admiratrices. Or, « RBG » a, toute sa vie, fait entendre sa voix dissidente.

Fille d’émigrés russes juifs, l'étudiante studieuse à Harvard (où elle est quasiment la seule femme) devient avocate et se démène pour faire avancer les choses.

La juriste s’occupe de cas dont elle sait qu’ils iront jusqu’à la Cour suprême : lycéenne qui veut intégrer une école militaire pour garçons, veuf qui attaque l’État car il n’a pas le droit à des allocations pour son bébé (réservées aux veuves)… Des affaires de genre, très politiques, qui font jurisprudence.

Et mènent enfin RBG à la Cour suprême (c’est la deuxième femme à y entrer), en 1993. Au milieu de ses collègues conservateurs, elle peut faire pencher la balance et rendre la société plus juste, ce qui a toujours été son but (surtout avec l’administration Trump).

« Savoir que quelqu’un comme RBG accomplit son travail depuis des décennies et conteste le pouvoir en place avec force et justesse, ça m’épate », dit Aminatou Sow.

La jeune femme peut se réjouir : Ruth Bader Ginsburg n'est pas décidée à prendre sa retraite.

RBG, Documentaire, 95 min, en VOD.