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Remake don’t die : non, les remakes de films d’horreur n’ont rien d’infernal

Suites, préquels, remakes, et même séries télévisées ou crossovers… Comme certains des monstres qu’ils mettent en scène, les films d’horreur semblent se multiplier à l’infini. À l’image de franchises comme Freddy, les griffes de la nuit, Scream (photo ci-dessus), Saw ou Halloween. Le documentaire français Remake don’t die ! Quand le film d’horreur ressuscite sans cesse, de Guillaume Simon et Frédéric Murarotto, s’est intéressé à ce phénomène qui n’en finit pas, pour le plaisir des uns et l’agacement des autres…

Car la qualité n’est pas toujours au rendez-vous dans ces suites. Les cinéphiles de la première heure peuvent être déçus de voir les anti-héros qui ont terrifié leur enfance refaire surface vingt ans après, dans de pâles copies.

Pour les studios, pourtant, le remake est pratique : un titre déjà connu aura plus de chances de convaincre le spectateur d’aller le voir au cinéma, explique Alexandre Aja, qui s’est déjà prêté à cet exercice avec succès (le terrifiant La Colline a des yeux…).

Derrière la redite horrifique, il y a bien sûr souvent une logique mercantile, mais pas forcément. Nombreux sont les remakes et suites de qualité, avec une vraie vision d’auteur, soulignent les intervenants du documentaire, tous cinéphiles, réalisateurs (Xavier Gens, Coralie Fargeat…), maquilleur d’effet spéciaux ou encore journaliste spécialisé.

On peut penser à la saga Alien, par exemple, mise en scène par les poids lourds Ridley Scott, James Cameron, David Fincher et Jean-Pierre Jeunet. Mais aussi à des films moins grand public. Comme Suspiria (1977), le chef-d’œuvre baroque de Dario Argento. Quand Luca Guadagnino, qui venait de cartonner avec la romance Call Me by Your Name (2017), s’est attaqué à son remake, personne n’y croyait. Et pourtant, il en a fait quelque chose de complètement différent.

Ce qui n’est pas le choix de tous les réalisateurs qui se frottent à des films cultes. Ainsi, à la fin des années 1990, Gus Van Sant a décidé de retourner, quasiment plan par plan, le Psychose d’Hitchcock (1960). Est-ce que ça allait donner le même film pour autant, se demandait le réalisateur ? La réponse est non, même si « ça y ressemble ».

Avec tous ces remakes, le spectateur peut s’amuser à jouer au jeu des sept différences. Mais aussi, à y trouver son plaisir. « L’objectif d’un remake n'est pas d’annuler le film précédent, mais de le compléter », dit Alexandra Aja. Et puis d’ailleurs, comme le suggère le documentaire, adapter simplement des romans au cinéma, n’est-ce pas déjà un remake ?

Remake don't die, Documentaire, 49 min, en ce moment sur CINÉ+.