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Retiens Johnny : blousons de cuir et messes rock, le docu ultime sur les fans de l'idole

« C’est Jean-Philippe qui nous a quittés. Johnny est toujours là. Notre cœur est le tombeau des légendes. » Le 5 décembre 2017, Johnny Hallyday s’éteint et laisse des milliers de fans comme orphelins.

Pendant des mois, les réalisateurs de Retiens Johnny, Simon Depardon, Arthur Verret et Baptiste Drouillac, ont suivi avec respect des admirateurs dans leur deuil et leur besoin d’être ensemble pour commémorer, allant chaque 9 du mois assister à une messe gigantesque à l’église de la Madeleine en hommage à l’« idole des jeunes », organisée par le père Bruno Horaist, sorte de gardien de la mémoire de Johnny.

Dans ce film plein d’émotion, sans commentaire mais non sans humour, on les voit ainsi se réunir, se rencontrer, autant à l’église parisienne, transformée en majestueuse « maison de Johnny », que dans des concerts de reprises, avec des chanteurs, sosies ou non, reprenant « Que je t’aime » ou « Quoi ma gueule ».

Mais aussi dans un Leclerc, où tout le monde se presse pour acheter l’album posthume de la star, ou dans des maisons d’enchères vendant des souvenirs de Johnny. On y croise également Patrick Balkany, qui a organisé une exposition consacrée au chanteur à la mairie de Levallois, un an après sa mort, pour célébrer cet anniversaire « dans la joie ».

Surtout, on y suit des fans dans leur deuil, leur reconstruction même, à l’image de ce jeune homme de 30 ans en blouson de motard qui ne rate aucune commémoration, et va même passer un casting pour chanter « Diego, libre dans sa tête » à l’église de la Madeleine, alors qu’il n’a jamais chanté auparavant…

Une personnalité attachante, comme ses amis rencontrés au fil des cérémonies, « lookés » ou non, avec qui on débat volontiers de la famille de Johnny, de ses tournées mythiques, du choix de Saint-Barthélémy comme dernière demeure de la star (« En France, il y a tellement de colère, il est bien, là-bas »), ou de cette statue qu’on attend de pied ferme.

À travers eux, Johnny vit encore, en quelque sorte, et ils en sont bien conscients. « À la Madeleine, on ne me demande pas de payer ma place, on m’accueille, je suis avec les copains et Johnny est là, dit le fan trentenaire. Il y a des gens qui se moquent, mais nous au moins, on croit en quelque chose. »

Un documentaire sensible sur le thème universel de la perte, qui devrait toucher même les esprits les plus réfractaires à la poésie de l’ex-yéyé.

Retiens Johnny, Documentaire, 1h12, dès le 9 décembre sur CANAL+.