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Sunshine Superman, un docu vertigineux sur le pionnier du BASE jump

Sauter d’un avion avec un parachute est une chose. S’élancer du haut d’une falaise, d’une grue, d’un pont ou même d’un gratte-ciel, en est une autre… Mais qui a eu cette idée le premier ? Et comment s’est-il lancé ?

Le documentaire Sunshine Superman, de Marah Strauch, nous donne les réponses : il s’agit de Carl Boenish, né en 1941, largement considéré comme l’inventeur du BASE jump. BASE pour Buildings, Antennas, Spans, Earth (immeubles, antennes, travées de pont, Terre).

Cet Américain haut en couleur, passionné de parachutisme depuis toujours, voulait tout sauf travailler dans un bureau. Hollywood fait vite appel à ce casse-cou qui filme ses exploits dans les airs.

Il collabore notamment au film Les parachutistes arrivent (The Gypsy Moths), réalisé par John Frankenheimer en 1969, avec Burt Lancaster, coordonnant les scènes aériennes – particulièrement époustouflantes.

Et sur son temps libre, il saute. Lui en est sûr : pas besoin de s’élancer d’un avion à des centaines de mètres de sol pour atterrir sans encombre. D’ailleurs, quelques autres essais, de pionniers, ont déjà eu lieu.

Pour le prouver, en 1978, avec sa bande d’amis doux-dingues et Jean, qui deviendra sa femme, il s’entraîne sur la fameuse montagne El Capitan, dans la vallée de Yosemite, en Californie, bien connue des grimpeurs. Hauteur : 900 mètres.

Au sein de la famille des sportifs, cette bande de jeunes qui n’ont pas froid aux yeux détonne. Équipés d’énormes caméras juchées sur leur casque (la GoPro n’existe pas encore), ils se jettent de la falaise, les uns après les autres. Puis se changent discrètement après l’atterrissage, se métamorphosant en simples randonneurs.

Car le BASE jump, impressionnant, réputé dangereux, a mauvaise presse, surtout du point de vue des rangers qui surveillent le parc. Ses pratiquants sont considérés comme des extraterrestres. Comme les grimpeurs d’El Capitan, au début de l’escalade moderne, quelques années auparavant… Carl Boenish pense d’ailleurs que sa discipline doit suivre le même chemin que l’escalade, en se faisant accepter.

Sunshine Superman revient sur l’incroyable carrière de BASE jumper de Carl Boenish, brossant un portrait complexe de celui qui voulait toujours repousser les limites, avec les témoignages de sa veuve Jean et de ceux qui l’ont connu (y compris ses détracteurs).

Sans faire l’impasse sur les risques de ce sport extrême : Carl Boenish s’est tué en Norvège, le 7 juillet 1984, à 43 ans, au lendemain d’un nouveau record établi pour une émission du Guinness World Records. Quelques jours plus tard, Jean sautait de nouveau.

Sunshine Superman, Documentaire, 1h37, à voir dès le 23 février sur PLANÈTE+ A&E.