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Tout simplement faux, un vrai documentaire sur les faux documentaires

Qu’ont en commun les films Cannibal Holocaust (Ruggero Deodato, 1980) et Connasse, princesse des cœurs (Noémie Saglio et Éloïse Lang, 2015) ? Spinal Tap (Rob Reiner, 1984) et Tout simplement noir (Jean-Pascal Zadi et John Wax, 2020) ? Le Projet Blair Witch (Daniel Myrick et Eduardo Sanchez, 1999) et Guy (Alex Lutz, 2018) ?

Tous reposent sur le faux. Caméras cachées (vraies ou fausses), documentaires parodiques (« mockumentaires »), biographies filmées de personnes qui n’ont jamais existé, found footage (bandes vidéo soi-disant retrouvées) et canulars en tout genre : bienvenue dans l’univers fantastique du cinéma « documenteur ».

Le (vrai) documentaire Tout simplement faux de Stéphane Berghounioux, revient, avec les témoignages des principaux intéressés, sur le travail de ceux qui trafiquent la réalité derrière leur caméra, à des fins humoristiques, politiques ou tout simplement artistiques.

En interrogeant en premier lieu les pionniers du genre, comme le réalisateur du cultissime et ultra violent Cannibal Holocaust, Ruggero Deodato, mettant en scène une expédition en forêt amazonienne qui tourne au drame (et c’est un euphémisme).

Le film scandalisa tellement l’opinion que Deodato écopa d’un procès, comme il le raconte dans Tout simplement faux

Car le faux documentaire peut en dérouter plus d’un. Quelle est la part de fiction ? Quelle est la part de réalité ? se demandent parfois les spectateurs, perdus. Une bonne partie public a d’ailleurs cru que Forgotten Silver, film néo-zélandais de Peter Jackson et Costa Botes (1995), était un vrai documentaire.

Alors que cette histoire de pionnier oublié du cinéma n’est qu’une fiction… Et que si on l’ignore, on ne se rend pas compte de tout le génie du film, comme le déplore Costa Botes. Seulement, quand les spectateurs ont découvert le pot aux roses, ils ont crié au scandale. Les réalisateurs ont même reçu des menaces de mort.

Au contraire, certains cinéastes peuvent toucher le jackpot avec ce type de film, comme les réalisateurs du très fauché Projet Blair Witch, tourné avec trois bouts de ficelle dans les bois et 35 000 dollars.

Non seulement il a engrangé 140 millions de dollars rien qu’aux États-Unis, mais en plus, il continue d’influencer, depuis, toute une partie du cinéma d’horreur mondial, comme le raconte Eduardo Sanchez (ci-dessous).

En France, nous ne sommes pas en reste, avec des œuvres comme Connasse, princesse des cœurs, Guy, ou Tout simplement noir, qui a beaucoup fait parler de lui dernièrement.

Celui-ci met en scène un acteur raté qui tente d’organiser une « marche des Noirs » à Paris, en allant voir des personnalités influentes, de Fary à Claudia Tagbo en passant par JoeyStarr (dans leur propre rôle).

Le résultat, réaliste et déroutant, est tout simplement hilarant. Et peut-être plus politique que ne l’auraient imaginé les réalisateurs, comme ils l’expliquent dans Tout simplement faux.

Périlleuses caméras cachées, réalisateurs planqués dans la forêt en tenue de camouflage, censure… Derrière chaque faux documentaire, se cache une (vraie) histoire aussi passionnante que celle racontée par le film, nous dit ce documentaire cinéphile, dans lequel on apprend beaucoup de choses. Et qui donne furieusement envie de se replonger dans nos documenteurs préférés.

Tout simplement faux, Documentaire, 52 minutes, en ce moment sur CANAL+.