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Un doc sur John Lewis, l’autre icône des droits civiques

Le compagnon de lutte de Martin Luther King, John Lewis, se dévoile dans un documentaire à voir sur PLANÈTE+ CI dès le 11 juillet.

À près de 80 ans, il est adoré, reconnu dans la rue, félicité. Tout le monde réclame un selfie avec lui. « Vous êtes mon héros », lui glissent ses admirateurs, de tous les âges (parmi lesquels Hillary Clinton ou Nancy Pelosi, qui témoignent dans le film).

Celui qui signe des autographes à tour de bras, c’est John Lewis, figure des droits civiques, mort voilà un an, le 17 juillet 2020. La réalisatrice Dawn Porter, pour son documentaire John Lewis, icône des droits civiques, l’a suivi quelque temps, montrant un homme n’ayant rien perdu de sa force, ni de sa détermination. 

L’Américain y revient sur la genèse de son combat pour le mouvement des droits civiques. Né en 1940 en Alabama dans une famille de dix enfants (nombre de ses frères et sœurs témoignent dans le documentaire), John est un bon élève, qui ne supporte pas l’injustice, et à cette époque la ségrégation raciale fait rage.

À 17 ans, alors qu’il n’a aucune réponse de la fac dans laquelle il veut étudier, il envoie une lettre à Martin Luther King, qu’il admire. Celui-ci l’invite à le rejoindre à Montgomery, un des épicentres du mouvement des droits civiques. C’est là qu’a eu lieu en 1955 le fameux boycott des bus, déclenché par l’action de Rosa Parks. 

Dès la fin des années 1950, John Lewis est de toutes les luttes contre la ségrégation. Pour lui comme pour ses camarades de lutte, James Lawson, théoricien de la non-violence, en tête, la solution réside dans la résistance pacifique.

Les forces de l’ordre, elles, ne suivent pas cette doctrine non-violente, loin de là, comme on peut le voir dans les nombreux films d’archives qui ponctuent ce documentaire… 

Lors des marches de protestation de Selma à Montgomery en 1965, pour faire appliquer le droit de vote des électeurs afro-américains, Lewis se fait matraquer et subit un traumatisme crânien. Au cours de leurs actions, les militants risquent leur vie, et la prison.

« Je me suis fait arrêter quarante fois dans les années 1960, et cinq fois depuis que je suis au Congrès », dit-il.

Car John Lewis, qui a travaillé avec le président Jimmy Carter, est aussi actif dans la politique plus traditionnelle, du côté des démocrates. En 1987, il se fait élire à la Chambre des représentants, où il sera régulièrement renouvelé les trente années suivantes.

Dans l’Amérique d’aujourd’hui, on le suit, donnant des conférences à travers le pays, parlant de son expérience, et incitant les gens à voter. Son cheval de bataille est resté le même qu’en 1965 : que tout le monde puisse s’exprimer à travers les urnes, dans un pays où les minorités sont découragées de le faire (par exemple, avec des files d’attente de plusieurs heures avant de pouvoir voter).

« Si vous ne faites rien, les choses ne bougeront pas », expliquait le militant. Ses supporters ont retenu la leçon.

John Lewis, icône des droits civiques, 1h33, Documentaire en première exclusivité, sur PLANÈTE+ CI. Dès le 11 juillet.