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Un documentaire intimiste et plein de fantaisie sur Catherine Frot, comédienne incontournable

On la dit mystérieuse, mais aussi accessible. Dans le documentaire Catherine Frot, tous ces yeux qui vous regardent…, d’Arthur Dreyfus, on découvre une actrice anti-diva, naturelle, malgré son impressionnante carrière.

En la suivant chez elle, au parc, où elle est gênée que tous les regards soient braqués sur elle, au musée Grévin, où elle a son double (« de près, c’est angoissant »), ou dans son ancienne école, où elle se produisait dans la cour, pour faire rire ses petits camarades.

Cette comédienne incontournable du cinéma français, qui a aussi bien joué chez Claire Denis, Coline Serreau, Didier Bourdon que les frère Larrieu ou Albert Dupontel, a connu le succès relativement sur le tard, « à quarante balais », comme elle dit sans façons, après avoir été révélée au grand public dans Un air de famille (1986) de Cédric Klapisch.

Un film adapté de la pièce de théâtre à succès d’Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, pour laquelle a obtenu le Molière de la comédienne dans un second rôle en 1995.

Le théâtre, c’est le premier amour de Catherine Frot, qui, enfant, était fan de Charlie Chaplin, Buster Keaton ou Jacques Tati.

La comédienne, un rongeur sur les genoux, revient sur ses débuts, à l’École de la rue Blanche, au Conservatoire, puis avec sa troupe, la Compagnie du chapeau rouge, à Avignon ou en tournée dans les pays de l’Est. Une jeunesse « d’une liberté totale ». « Il y avait un engagement sur tout, j’ai dû me ramollir », sourit celle qui a aussi joué dans des pièces plus classiques (La Cerisaie ou La Mouette de Tchekhov).

Le cinéma ? Il vient plus tard. Au début, les castings ne marchent pas fort. « Il y avait toujours un truc qui n’allait pas chez moi ». « Je savais que je pouvais être très jolie mais aussi un peu bizarre », explique-t-elle en montrant des photos.

À partir de la fin des années 1990, enfin, elle enchaîne les rôles en tête d’affiche : La Dilettante, Sept ans de mariage, Vipère au poing

À l’écran, celle qui se dit « multiple » est capable de donner corps à des personnages aussi différents que celui d’une héroïne d’Agatha Christie avec André Dussolier (Mon petit doigt m’a dit), d’une cantatrice fantasque à voix de crécelle (Marguerite) ou d’une sans-domicile fixe (Sous les étoiles de Paris), avec sa poésie et sa fantaisie propres. « Des petites femmes qui deviennent grandes par ce qu’on raconte dans le film. »

Avec Marguerite, elle obtient le César de la meilleure actrice en 2016. Pas de quoi lui faire prendre la grosse tête, comme on le voit dans le documentaire, où elle montre à qui veut la voir une vidéo de perroquets danseurs, qui la fait mourir de rire.

On y découvre également son amour pour les beaux-arts, la peinture, David Hockney. « Je ne suis pas vraiment une intellectuelle, je m’intéresse à des choses. Par contre, j’ai un savoir que parfois, j’ai l’impression d’être la seule à connaître ; ce que je dois donner à voir et à entendre, ça, je sais le faire. » Un portrait plein de fantaisie, à l’image de l’actrice.

Catherine Frot, tous ces yeux qui vous regardent…, Documentaire, 52 minutes, à voir en janvier sur CINÉ+.