A l'Est, rien de nouveau

Posté par Pierre Ménès le 7 Novembre 2019

Le chemin de croix se poursuit pour les deux clubs français engagés en Ligue Europa. C’est marrant parce que, quand Paris gagne 5-0 à Bruges ont dit que c’était face à une équipe de CFA - alors que les Belges ont prouvé le contraire au Parc. Quand Lyon perd à Lisbonne, c’est parce qu’il est nul et quand Benfica perd à Lyon, c’était face à une équipe de gamins. C’est terrible d’être comme ça. Terrible de tailler tout le temps. Ceux qui gagnent, c’est forcément parce qu’ils ont joué contre personne… Or on s’aperçoit qu’en Ligue Europa, même contre « personne », les club français ne gagnent pas un match. 

Rennes a quand même joué trois heures sans marquer un but face à un club roumain. Cette inefficacité offensive, c’est d’ailleurs le problème principal de l’équipe bretonne. Pourtant Stéphan avait aligné quatre éléments à vocation offensive, mais rien n’y fait. On a l’impression que les joueurs ne sont pas à leur place. Et puis tout cela manque de détermination, et surtout de précision dans l’avant-dernier et le dernier geste. Battu sur un but de Cluj inscrit sur corner à trois minutes de la fin, le Stade Rennais est d’ores et déjà éliminé. C’est un constat très décevant compte tenu des ambitions bretonnes et du joli parcours de la saison dernière. 

On touche là à un autre problème du football français, à savoir l’inconstance. Sauf dans la médiocrité en Ligue Europa. A ce niveau-là, on note au contraire une belle régularité, illustrée un peu plus tard dans la soirée par Saint-Etienne, qui a concédé le nul sur le terrain d’Oleksandria dans des conditions invraisemblables. Pourtant peu inspirés offensivement, les Verts avaient, au contraire des Rennais, montré beaucoup de réalisme en menant 2-0 après un penalty obtenu et transformé par Khazri et un but du jeune Camara après un déboulé de Bouanga.

Dominés pendant toute la seconde période par une équipe ukrainienne limitée mais agressive, les hommes de Puel ont tout gâché dans les dernières minutes en encaissant un premier but sur une action confuse - et sans doute entachée d’une faute sur Debuchy - puis un second dans les arrêts de jeu, Ruffier se fendant d’une sortie aérienne hasardeuse bien exploitée par Zaderaka d’une belle demi-volée dans la lunette. Même si l’arrivée de Puel a fait du bien à cette équipe, ses bases restent très fragiles. Les Stéphanois peuvent encore se qualifier, mais ils ne sont clairement pas en ballotage défavorable.

A l’arrivée, le bilan de nos deux représentants est encore une fois calamiteux après cette 4e journée de phase de groupes. A eux deux, Rennes et Sainté ont joué huit matchs dans cette compétition, pour aucune victoire et quatre misérables points arrachés. Au-delà de ce constat chiffré, c’est l’impression laissée qui est déplorable. Le manque de qualité technique, de vision et d’intelligence de jeu de nos équipes ne nous permet pas aujourd’hui de rivaliser avec des équipes du championnat écossais, belge, ukrainien ou roumain. C’est peut-être ça le plus inquiétant… 

Pierrot