Autodestruction, mode d'emploi

Posté par Pierre Ménès le 24 Octobre 2019

Après la boulette d’Anthony Lopes mercredi soir à Lisbonne, les clubs français ont eu le chic pour se tirer une balle dans le pied lors cette semaine européenne. Saint-Etienne a ouvert le bal à 19h face à une équipe d’Oleksandria dont on savait seulement qu’elle avait terminé troisième du dernier championnat ukrainien. Après dix très bonnes premières minutes de jeu, les Verts menaient au score grâce à une très jolie frappe croisée de Gabriel Silva après un excellent service d’Hamouma dans la surface. Mais le Brésilien, de retour après sa rupture du tendon d’Achille en début d’année, avait décidé d’être au four et au moulin et s’est chargé d’égaliser pour les Ukrainiens en prolongeant un centre dans son propre but. 

Après ce coup du sort, les Verts ont baissé de pied et le match est tombé dans un faux rythme jusqu’au repos. A la mi-temps, Puel a fait entrer Boudebouz à la place d’Aholou et Saint-Etienne a remis le pied sur le ballon. Les entrées successives d’Abi et de Bouanga ont donné un visage plus offensif aux Foréziens, qui ont eu les occasions pour l’emporter par Hamouma, Abi et Boudebouz mais ont manqué de précision dans le dernier geste ou ont fait briller le gardien ukrainien. Après la victoire dans le derby et le hold-up à Bordeaux, Sainté ne réussit donc pas la passe de trois et s’il y a eu du mieux dans le jeu, surtout en seconde période, on sent l’équipe stéphanoise pas encore suffisamment en confiance pour pouvoir se libérer totalement et prendre plus de risques. 

Mais dans la série « je scie la branche sur laquelle je suis assis », Rennes a fait encore plus fort face à Cluj, au Roazhon Park. Dès la 5e minute, Mendy était exclu pour une faute en dehors de sa surface sur l’ancien Monégasque Lacina Traoré, contraignant Stéphan à sortir Del Castillo pour faire entrer Bonet - Salin étant blessé -, un tout jeune gardien de 16 ans. Et quand on a 16 ans, on fait encore des erreurs de débutant. Sur le coup-franc, le jeune Congolais a trop anticipé à l’intérieur et s’est fait prendre sur sa droite. Mais on n’avait pas encore tout vu. En infériorité numérique, les Rennais ont obtenu un penalty pour une faute de Boli sur Hunou, une occasion inespérée de revenir au score et dans le match. 

Mais quand ça ne veut pas, ça ne veut pas et Niang a expédié son ballon à côté du but… Après cela, les Roumains ont eu plusieurs fois l’occasion de se mettre à l’abri mais Bonet s’est bien repris et les Rouge et Noir sont rentrés au vestiaire avec un seul but de retard. Mais la soirée cauchemar des Bretons n’était pas terminée. Dès la reprise, ils se sont retrouvés à neuf après l’expulsion justifiée de Camavinga, auteur d’un tacle désespéré suite à une mauvaise relance au pied de Bonet. A partir de là, cela semblait mission impossible pour le Stade Rennais, qui a pourtant eu les occasions de revenir face à une équipe de Cluj vraiment faiblarde et qui semblait décontenancée par sa double supériorité numérique. 

Malgré un second acte héroïque qu’ils ont dominé de bout en bout, les Bretons s’inclinent encore dans cette Ligue Europa et poursuivent leur série noire avec ce 10e match consécutif sans victoire toutes compétitions confondues. Au niveau comptable, avec respectivement deux points et un point au compteur après trois matchs, Sainté et Rennes sont évidemment mal embarqués. Mais étonnamment, le classement très serré dans les deux groupes laissent les deux clubs français encore en vie et avec l’espoir de pouvoir accrocher la qualification. Encore faudrait-il arrêter de s’autodétruire et passer la vitesse supérieure…

Pierrot