La chance de Monfils

Posté par Pierre Ménès le 1 Novembre 2019

Pour une fois, on va parler un peu tennis sur mon blog. Parce qu’en ce moment se déroule à l’AccorHotels Arena le Rolex Paris Masters. Un tournoi dont l’intérêt principal, mis à part le fait de remporter un Masters 1000 - ce qui finalement n’arrive pas à grand monde -, est de délivrer les dernières places pour le Masters qui a lieu la semaine suivante, à Londres. C’est d’ailleurs cet enchaînement Bâle-Bercy-Masters qui a si souvent coûté la présence de Federer à Paris, le Suisse jouant la semaine précédente un tournoi d’une grande importance et dans grande ferveur dans sa ville natale. Tournoi qu’il a d’ailleurs remporté pour la 10e fois dimanche dernier. 

Evidemment, un Masters 1000 de plus ou de moins à une semaine du Masters, surtout quand tu as largement dépassé les 38 ans, ça n’a plus la même importance. Et ceux qui le critiquent de ne pas être venu cette année feraient mieux de regarder son âge. Et de se réjouir de le voir encore jouer à ce niveau. Alors, que voit-on depuis le début du tournoi ? Un Djokovic malade et en petite forme, qui passe les tours grâce à ce supplément d’âme qui l’a souvent aidé dans sa carrière. Pourtant, il ne fait pas grand chose avec la balle, si ce n’est la renvoyer au milieu du court en attendant que son adversaire se dise qu’il doit prendre des risques pour battre le Serbe et… fasse la faute.

On a aussi assisté à l’effondrement successif de tous les candidats au Masters. Tous ceux qui étaient susceptibles d’arracher les dernières places, de Goffin à Fognini en passant par De Minaur et Wawrinka, ont perdu prématurément. Ce qui signifie qu’en cas de succès ce soir face à Shapovalov, Monfils ira à Londres. Ce serait une belle récompense pour une année régulière à défaut d’avoir été brillante. Maintenant, si vous me demandez quel est mon favori dans ce tournoi, je dirais Nadal, qui n’est pourtant pas le plus brillant du circuit en indoor mais qui m’a l’air solide et motivé pour ce tournoi qu’il n’a jamais remporté, avec la place de numéro 1 mondial en jeu. Le Majorquin qui a mangé à côté de moi - enfin, c’est plutôt moi qui ai mangé à côté de lui - lundi soir au restaurant.

On le sait depuis très longtemps, ce dernier Masters 1000 de la saison est très mal placé dans le calendrier. Maintenant, je me demande dans quelle mesure on ne pourrait pas trouver une meilleure place à un Masters 1000 de ce niveau en février, après l’Open d’Australie et avant le début de la première tournée américaine et l’enchaînement Indian Wells-Miami. Je sais que Guy Forget y pense mais c’est évidemment très dur de faire bouger le calendrier. Et les tournois qui ont une meilleure place dans la saison ne sont évidemment pas prêts du tout à la laisser. 

Un autre regret, même si cela signifierait des investissements colossaux, c’est celui de ne pas avoir un seul Grand Chelem joué en indoor. Je trouve ça dommage. Alors oui, tous les Grand Chelem, y compris Roland Garros, sont aujourd’hui dotés d’un toit. Mais je pense qu’un des quatre tournois majeurs de la saison joué intégralement en indoor donnerait une photographie un peu plus juste du circuit. Parce que finalement, de nos jours les surfaces ne sont pas si variées…

Pierrot