Les Verts plongent Lyon dans l'abîme

Posté par Pierre Ménès le 6 Octobre 2019

Le premier enseignement de cette fin de la 9e journée, c’est que les quatre clubs engagés dans des compétitions européennes cette semaine qui étaient sur le pont dimanche ont connu des fortunes diverses et montré des signes de fatigue. A commencer par le LOSC, dont les joueurs ont paru émoussés sur le plan physique. Les Lillois ont ouvert le score par Rémy sur une action confuse et contre le cours du jeu tant les Nîmois ont dominé la première période. Il était finalement assez logique que les Crocos égalisent sur un péno provoqué par un Fonte dans le dur pendant tout le match et transformé par Ripart.

Les Gardois ont repris l’avantage après le repos sur un centre du même Ripart bien coupé par Denkey. Lille semblait alors en grande difficulté et à part quelques éclairs d’Osimhen, il n’y avait pas grand chose de probant sur le plan offensif. Clairement, Ikoné et Bamba ne sont pas bien en ce moment. Et puis finalement, sur une autre action confuse, Osimhen a sauvé le point du nul. Cela fait longtemps que les hommes de Galtier n’avaient pas perdu de point au stade Pierre-Mauroy mais bon, vu la physionomie du match, c’est un moindre mal…

Dans la foulée, le Stade Rennais qui avait beaucoup donné (et perdu) à Rome jeudi, a payé la note face à des Rémois qui n’en sont pas à leur coup d’essai après avoir déjà gagné à Marseille et à Paris. Les Champenois l’ont emporté grâce à un but de Dia, qui aura donc marqué lors ces trois succès de prestige à l’extérieur. Les joueurs de Guion ont dominé le premier acte, avant que les Bretons ne lancent la révolte après l’ouverture du score. Mais Rennes n’est pas en réussite en ce moment, à l’image de cette action où Bourigeaud touche le poteau puis Raphinha la barre. Mais le constat que je fais depuis quelques semaines à propos du Stade Rennais se confirme : c’est trop faible devant. Niang ne peut pas tout faire, Siebatcheu est blessé et les deux recrues offensives, Tait et Raphinha, sont fantomatiques. C’est bien d’avoir une équipe cohérente mais quand tu ne marques pas un but, cela devient compliqué de gagner des matchs.

Totalement contraire à l’ADN de l’OL

En soirée, on a eu droit à un derby très décevant entre Sainté et Lyon, même si évidemment, à la fin du match, les plus déçus sont sans conteste les Lyonnais. En terme de qualité technique, c’était une rencontre d’une grande pauvreté. Pour son premier match et après seulement 48 heures à la tête de l’équipe, Puel a pris des risques. Bouanga piston droit, Abi et Diony devant, Khazri sur le banc. De vrais choix qui se sont avérés payants parce que les Verts se sont montrés globalement plus dangereux que les Gones sur l’ensemble du match et ont arraché la victoire à la 90e minute sur un joli centre de Boudebouz repris d’une non moins jolie tête par Beric.

Côté lyonnais, ce qui pose débat c’est évidemment la tactique choisie par Sylvinho, avec un schéma frileux et des joueurs bridés à la relance et qui semblent avoir l’interdiction de prendre le moindre risque avec la balle - c’est flagrant quand Andersen est en situation de relance - et des latéraux dont la participation au jeu est toujours aussi famélique. Ceci est totalement contraire à l’ADN de l’Olympique Lyonnais, qui a toujours été une équipe déséquilibrée vers l’avant. Une équipe qui prend des risques. Une équipe qui marque des buts. Avec cette volonté peut-être louable au départ d’avoir une assise défensive plus solide, l’OL continue à prendre des buts mais n’en marque plus. 

Lyon a pris trois points lors des sept derniers matchs. C’est la pire équipe de Ligue 1 sur cette période. Je pense que la trêve internationale qui arrive va être très longue entre Saône et Rhône. Parce que les choses sont claires après ce derby qui laisse l’équipe à la 14e place du classement, avec un seul point d’avance sur la lanterne rouge. Sylvinho ne peut pas continuer comme cela. Soit il revient à un schéma de jeu plus conforme à l’identité lyonnaise et obtient très vite des résultats, soit il va sauter.

Pierrot