Lyon ne rugit plus du tout

Posté par Pierre Ménès le 26 Septembre 2019

Elles paraissent quand même bien loin, les deux premières journées de Ligue 1. La victoire 3-0 à Monaco, le triomphe 6-0 face à Angers… A ce moment-là, beaucoup disaient que cette année, Lyon allait disputer le titre au PSG. Deux défaites et trois matchs nuls plus tard - faire nul à Brest mercredi en menant deux fois au score, il faut le faire -, l’OL est 10e au classement et a raté son entrée en Ligue des Champions face au Zénith. De quoi se poser énormément de questions, à tous les niveaux. A commencer par celle qui touche à la responsabilité de la nouvelle direction technique. Juninho est arrivé avec Sylvinho qui, ne l’oublions pas, est un entraîneur débutant. Dont certains choix étonnent.

Même lors de ces deux premiers matchs victorieux, on avait déjà noté l’absence totale de participation au jeu des latéraux lyonnais. Cela pouvait sembler être une idée comme une autre, au départ. Mais on s’aperçoit au fil des matchs que c’est en fait un non-sens. Limite anachronique. Il n’y a plus une grosse écurie en Europe qui joue avec des latéraux aussi bas. Et puis il y a des défaillances individuelles flagrantes. Aouar a beaucoup de football dans les pieds mais il n’a pas grand chose dans les jambes et surtout, il montre très peu d’envie. 

Depay, le leader d’attaque attendu, est toujours sur courant alternatif et on ne le voit plus depuis quelques matchs, Traoré est toujours aussi intermittent, Terrier ne joue quasiment pas… La liste est longue. Ce n’est guère plus réjouissant côté recrues. Koné est loin de faire oublier Mendy, Andersen a d’énormes difficultés d’adaptation et Thiago Mendes déçoit. Seul Reine-Adélaïde s’est montré à son avantage. Il est évident que Ndombele et Fekir n’ont pas été remplacés qualitativement et il n’y a guère que Dembélé qui tienne son rang dans cette équipe. C’est trop peu.

Pour le moment, on entend assez peu Jean-Michel Aulas…

Alors évidemment, à Lyon les supporters étaient tellement remontés contre Génésio qu’ils passent tout au duo brésilien en place. Mais ça ne va pas durer. Et puis de toute façon, la comparaison avec Génésio n’a pas lieu d’être. Génésio est parti, il est désormais très loin et parler de lui n’a pas de sens. Mais je constate que l’impatience et l’animosité que lui ont très vite voué les supporters de l’OL, on ne les retrouve pas dans les travées du Groupama Stadium. Pas encore. Et pourtant la défaite lyonnaise face au PSG le week-end dernier a été accablante. Les Lyonnais qui restaient sur deux victoires consécutives à domicile face au PSG n’ont pas joué ce match pour le gagner. Il l’ont joué pour faire 0-0. Alors effectivement, sans l’exploit de Neymar ils y seraient sans doute parvenus. 

Mais en faisant cela, quel message tu envoies à ton adversaire principal, ton supposé rival pour le titre ? Tu lui dis tout simplement que tu as peur de lui. Et que tu ne joues pas dans la même cour. Pour le moment, on entend assez peu Jean-Michel Aulas. Je pense que l’omniprésent président lyonnais s’y était engagé vis-à-vis de Juninho. Mais il est bien évident que, si les résultats continuent à être aussi médiocres et si par malheur l’OL connaît une nouvelle déconvenue la semaine prochaine en Ligue des Champions, cela va commencer à gronder dans les tribunes. Et au sein du club. 

Pierrot