Lyon se saborde, Lille s'accroche

Posté par Pierre Ménès le 23 Octobre 2019

Que dire de ce match de l’OL sur la pelouse de Benfica ? Eh bien pour commencer, que Lyon est le prototype de l’équipe pas en confiance, de l’équipe qui déjoue… La première mi-temps rhodanienne a été innommable. Menés au score dès la 3e minute sur une action où les quatre défenseurs se jettent ensemble sur le ballon et lâchent le marquage, les joueurs de Garcia ont été incapables de réagir ensuite et il était donc parfaitement logique que l’OL soit mené à la pause. Benfica est une équipe très jeune qui n’avait pas encore gagné un match dans cette Ligue des Champions - il faut quand même le souligner - mais son jeu à une touche était très technique et très précis.

Seulement, le problème avec une équipe aussi jeune et qui s’appuie sur un jeu léché et ambitieux, c’est lorsque le physique ne suit plus. Avec la fatigue, les Lisboètes se sont montrés moins précis et Lyon en a profité en égalisant sur une belle volée de Depay à la réception d’un centre au deuxième poteau de Dubois. A ce moment-là, on voyait presque les Lyonnais capables de mettre un coup de collier et d’aller chercher la victoire. Mais il y a eu cette frappe sur le poteau de Pizzi qui a sonné comme un rappel à l’ordre juste avant que Lopes ne commette une bourde phénoménale avec une relance à la main directement sur le même Pizzi qui n’a eu qu’à marquer dans le but vide.

Blâmer le gardien portugais vu le niveau qu’il affiche depuis des mois serait franchement injuste. Mais le fait que ce soit lui qui précipite la défaite de son équipe, c’est symbolique. Garcia avait fait des choix en alignant un 4-4-2 très offensif qui n’a évidemment pas porté ses fruits. Parce qu’il y a trop de joueurs dans cette équipe qui sont très loin d’un niveau ne serait-ce que correct. Marcelo a fait un festival de mauvaises relances, Tousart a alterné avec une constance qui l’honore les coups et les passes vers l’arrière, Dembélé a lui aussi mis plus de coups que de frappes, Terrier a été inexistant…

Ajoutez à cela le je-m’en-foutisme absolu d’un garçon comme Traoré, qui mériterait d’aller jouer avec la réserve pendant quelques semaines pour se remettre la tête à l’endroit tellement sa prestation était à la limite d’être honteuse… Voilà, Lyon était bien placé dans ce groupe et aurait réussi son coup en prenant un point à l’Estadio da Luz. Ce revers le place désormais à la troisième place d’un groupe qu’on annonçait homogène au moment du tirage au sort et qu’il l’est effectivement. Rien n’est donc fait à ce stade et ce qu’on peut seulement constater pour le moment, c’est que l’intronisation de Garcia n’apporte absolument rien. Mais dire que tout est de sa faute serait exagéré tant l’équipe est en manque de confiance.

Lille réécrit la fin du film 

Les Lillois eux, ont failli rejouer un scénario bien connu de nos représentants en Coupe d’Europe : vous savez, le club français inférieur techniquement à son adversaire mais qui se dépouille, fait un bon match, a des occasions et… finit par perdre sur un contre bien mené. Sauf que les joueurs de Galtier ont heureusement réécrit la fin du film. Conquérants et dominateurs pendant toute la rencontre, les Nordistes ont fait le match qu’il fallait face à Valence avec une entame pleine d’intensité, de volonté de jouer vers l’avant et de bonnes intentions. 

Seulement, tout comme Lyon le LOSC n’est pas précisément dans une période très euphorique en championnat et il manquait toujours quelque chose pour que les Dogues puissent enfin faire la différence. Le 3-4-3 modulable concocté par Galtier fonctionnait plutôt bien et Lille aurait pu ouvrir le score avec un peu plus de précision ou de réussite dans le dernier geste, comme sur cette magnifique frappe enroulée pied gauche de Yazici qui atterrit sur la barre. Au milieu, André et Soumaré faisaient le job et à la pause, le LOSC pouvait nourrir de réels espoirs pour le second acte.

D’ailleurs la deuxième période a commencé sur le même rythme avec un trio d’attaque Yazici-Araujo-Osimhen remuant et dangereux et on voyait Lille tout proche d’enfin ouvrir le score. Et c’est au contraire Valence qui a frappé sur un contre rondement mené et conclu par Cherichev sur une passe de Gameiro. Un but qui n’a pourtant pas entamé le moral des Lillois, qui ont continué à camper devant le but de Cilessen. Et les Dogues ont profité de l’expulsion de l’ancien lyonnais Diakhaby pour deux cartons jaunes reçus en deux minutes pour faire le siège du but espagnol et trouver enfin l’ouverture dans les arrêts de jeu, sur un bel enchaînement contrôle-frappe d’Ikoné. Au final, cela ne fait qu’un point pour le LOSC, mais un point qui lui permet de rester en vie. Maintenant il va falloir être beaucoup plus efficace devant pour espérer ne pas finir 4e de ce groupe…

Pierrot