Paris lancé, Marseille rincé

Posté par Pierre Ménès le 5 Octobre 2019

Cette 9e journée a débuté vendredi soir avec la déroute de l’OM à Amiens. Des Marseillais qui ont encore montré d’importantes lacunes défensives, avec notamment une charnière centrale à la rue qui a cédé dès la 2e minute de jeu sur une reprise d’Aleesami. Privés de Thauvin et Payet, Marseille ne peut que s’en remettre à Benedetto pour tenter de marquer, ce que l’Argentin est d’ailleurs parvenu à faire en égalisant d’une jolie frappe à l’entrée de la surface, avant que les Picards ne reprennent l’avantage sur un penalty consécutif à un ceinturage de Caleta-Car sur Guirassy. Un penalty qui peut prêter à discussion, mais le vrai problème c’est que monsieur Hamel ne l’a pas accordé pour une faute similaire sur Germain dans la surface amiénoise. 

L’OM ne peut pourtant pas se cacher derrière ce fait de jeu pour expliquer ce 4e match consécutif sans victoire. Alors évidemment, vu les absents devant et derrière, Villas-Boas est obligé de bricoler et Mandanda ne peut pas faire des miracles toutes les semaines. Et on touche peut-être là aux limites marseillaises cette saison. Sur le papier, l’équipe-type a le potentiel pour pouvoir se mêler à la lutte pour le podium. Mais le manque de profondeur de banc risque de plomber les ambitions phocéennes à la moindre blessure ou suspension. En face, après avoir déjà battu Lille et partagé les points avec Lyon, les Amiénois d’Elsner consolident leur réputation de trouble-fêtes et pourraient en surprendre d’autres cette saison.

Sur le papier, le choc de cette journée avait lieu samedi après-midi au Parc entre le leader parisien et son dauphin angevin. Mais de choc il n’y a pas eu, car Paris a balayé le SCO au terme d’un match plein, sans doute le plus abouti en Ligue 1 cette année. Emmené par un milieu de terrain où Verratti et Gueye - et même, à un degré moindre,  Paredes ! - ont rayonné, le PSG a ouvert le score par l’intermédiaire de Sarabia, avant qu’Icardi ne double la mise sur une passe de… Sarabia. L’Espagnol ne m’avait pas convaincu jusqu’ici, mais après son bon match et sa passe décisive à Istanbul mardi, il a sorti sa meilleure prestation sous le maillot parisien. 

C’est d’ailleurs lui qui, avec un peu de chance, a servi Gueye pour le troisième but parisien avant que Neymar, peu en réussite pendant tout le match malgré quelques friandises techniques, ne finisse par marquer son but sur un service de Choupo-Moting. En face, les Angevins ont eu quelques opportunités devant, notamment en première mi-temps, mais ils se sont montrés trop maladroits pour faire douter des Parisiens qui auraient pu alourdir encore la note sans un très bon Butelle. Malgré les absences de Mbappé, Cavani et l’entrée très tardive de Di Maria, Paris a montré qu’il avait de la marge en championnat et les choses ne devraient pas s’arranger lorsque l’escouade offensive sera au complet et pleinement opérationnelle.

La hype jaune se poursuit

Dans les matchs du soir, Monaco a lourdement rechuté à Montpellier en montrant une fois encore des qualités offensives intéressantes mais aussi des défaillances défensives impardonnables à ce niveau. Des réalisations de Mollet, Mendes et Delort - qui s’est blessé sur son but - ont suffi aux Héraultais pour empocher les trois points, le très joli but de Ben Yedder n’étant qu’une maigre consolation pour des Azuréens qui ont terminé à dix après l’expulsion de Golovin et qui doivent absolument retrouver une meilleure assise défensive pour espérer remonter au classement. 

Dans le derby de la Garonne au Stadium, Bordeaux a croqué des Toulousains toujours aussi inconstants et inconsistants, grâce notamment à un super De Préville, buteur et double passeur décisif, pour Pablo sur coup-franc et pour Hwang en contre. Les Toulousains ont poussé après la réduction du score de Koulouris mais les Girondins, bien articulés autour d’un Koscielny toujours aussi rassurant derrière, ont réussi à préserver leur avantage. Après leur non-match face à Paris il y a une semaine, les hommes de Sousa reprennent leur marche en avant et se repositionnent au classement. 

Brest a obtenu sa seconde victoire de la saison à Le-Blé, face à Metz. Réalistes et disciplinés, les Bretons se sont mis à l’abri avant le repos grâce à une reprise de Faussurier et une tête de Castelleto sur corner, avant de tenir le score pendant un second acte dominé par des Messins volontaires mais qui se sont heurtés à un super Léon qui a multiplié les parades décisives. Même réussite pour Dijon, vainqueur d’une équipe de Strasbourg décevante. C’est la deuxième victoire consécutive des Bourguignons, qui en profitent pour laisser la place de lanterne rouge à Saint-Etienne. 

Enfin, la « hype jaune » s’est poursuivie pour des Canaris qui ont battu Nice sur une tête piquée de Simon à la réception d’un centre de Bamba dans les dernières minutes d’un match nettement dominé par des Nantais entreprenants et qui ont longtemps buté sur un Benitez sauveur de Niçois peu inspirés, à l’image d’un Dolberg fantomatique. C’est la 5e victoire sur le plus petit score pour Nantes. Presque un paradoxe pour un Gourcuff qui nous avait habitués à des équipes inspirées offensivement mais parfois perméables derrière. L’entraîneur breton prône toujours un football offensif mais il s’adapte aussi aux qualités d’un effectif qu’il n’a pas choisi. C’est tout à son honneur…

Pierrot