Paris remanié, Paris humilié

Posté par Pierre Ménès le 25 Septembre 2019

Cette 7e journée jouée en semaine a démarré mardi avec deux matchs, en commençant par un triste match nul entre Dijon et Marseille. L’OM a réalisé une bonne première mi-temps mais s’est fait bouffer en seconde par des Bourguignons qui ont juste le défaut - problématique au football - de ne pas savoir marquer un but, même si Mandanda a sorti quelques bons arrêts et a eu la chance de voir la tête d’Ecuele-Manga échouer sur son poteau. Les Phocéens étaient handicapés par les absences de Kamara, Alvaro Gonzalez et Payet et à l’arrivée, ils s’en tirent plutôt pas mal avec ce nul. 

Dans la foulée, on a assisté à la première victoire de Monaco cette saison, dans le derby face à Nice, avec deux buts et une passe décisive de Golovin, qui a survolé cette rencontre. Alors certes, les Niçois se sont renforcés offensivement - même si cela n’a pas sauté aux yeux sur ce match - mais ils étaient trop lourdement handicapés défensivement avec les absences de Dante et de Hérelle et la très mauvaise prestation de Sarr. 

Et puis on a eu droit à un mercredi fertile en surprise, avec un nouveau match sans victoire pour l’OL, le 5e consécutif en championnat. Les Rhodaniens ont pourtant mené deux fois au score à Brest mais se ils sont fait rejoindre deux fois sur un doublé de Court. Encore une fois, la prestation lyonnaise n’a pas été bonne. Pas de progrès, pas de solution, pas d’envie, pas de vitesse, pas de prise de risque… Rien. A un moment donné, il va falloir commencer à se poser les questions qui fâchent…

Coup-franc juninhesque

Dans les autres matchs de 19h, Nantes a remporté le derby face à Rennes pour la première fois depuis 14 ans sur un penalty que je qualifierais de « grotesque » avec cette main de Morel qui est dos au jeu. Un énième penalty pour une main à la con même si cela avait tendance à se calmer ces derniers temps. Angers est co-leader de Ligue 1 grâce à sa victoire à Toulouse sur un doublé d’Alioui, dont un coup-franc juninhesque. Avant cela, il faut quand même dire que le match avait été absolument affreux entre deux équipes qui ne prenaient aucun risque. Mais voilà, cette année le SCO a des attaquants qui savent faire la différence et cela explique le très bon classement des hommes de Moulin.

Cela va beaucoup moins bien pour Printant, après la nouvelle défaite des Verts, à domicile et contre Metz - il faut quand même le faire. Les Lorrains ont marqué le seul but du match par Diallo face à une équipe stéphanoise qui n’a absolument rien montré en terme de jeu. Je veux bien que Sainté change d’entraîneur, mais je ne suis pas sûr que cela changera grand chose avec cet effectif qui a l’air totalement hors du coup physiquement. Dans l’autre derby de la soirée, Montpellier s’est imposé sur un but de Souquet devant une équipe de Nîmes pas très entreprenante et qui a joué dans un système étonnamment défensif. 

Le troisième co-leader de ce championnat, c’est Lille, qui a facilement battu Strasbourg grâce à un nouveau but et une passe décisive d’Osimhen. Le Racing est allé à Lille à neuf derrière et il a perdu. Tant pis pour lui. Il va falloir arrêter un jour de jouer à cinq derrière parce que les Alsaciens prennent quand même des buts. Ce n’est donc pas une solution. La solution, les Bordelais l’ont trouvée à Amiens, avec une victoire girondine qui porte la marque d’Adli, auteur de deux très jolis buts. L’ancien Parisien ne jouait pas depuis son arrivée en Gironde mais il commence à faire son trou. Ce succès permet aux hommes de Sousa de confirmer leur net regain de forme.

Si cela ne l’intéresse pas de jouer au PSG, qu’il aille voir ailleurs

Et cette journée s’est achevée par un énorme coup de tonnerre en provenance du Parc, où Reims est allé s’imposer face à un PSG très remanié. Je m’interroge d’ailleurs sur la nécessité pour Tuchel de faire l’impasse sur ce match. Le club est-il si sûr de sa domination sur la Ligue 1 pour se permettre une telle extravagance ? La liste des blessés était déjà énorme, mais en plus de ça le coach allemand a laissé au repos Gueye, Di Maria, Marquinhos et Thiago Silva. Et avec la blessure en fin de première mi-temps de Choupo-Moting, Paris a fini sans avant-centre. Cocasse pour une équipe qui en compte quatre dans son effectif.

Di Maria et Neymar peuvent faire tous les efforts qu’il veulent, quand tu as un milieu de terrain qui ne leur donne pas un ballon en décalage de tout le match et qu’ils sont donc obligés de dribbler à chaque fois, face à une défense aussi regroupée et bien organisée que celle de Reims, c’est juste injouable. Alors il y en a qui se demandaient depuis le début de la saison pourquoi Paredes ne jouait pas, j’espère qu’ils ont vu : parce qu’il joue en marchant. Le mec marche. Si cela ne l’intéresse pas de jouer au PSG, autant qu’il aille voir ailleurs. Et puis il va aussi falloir ouvrir le dossier Sarabia parce que clairement, l’Espagnol ne sert à rien dans cette équipe. Quant à Herrera et Bernat, si bons dimanche soir à Lyon, ils ont cette fois été inexistants. 

Les Parisiens se sont heurtés à une équipe champenoise qui a eu la bonne idée de marquer sur une tête de Camara que Navas ne parvient pas à sortir, un but sur lequel Mbe Soh et Kurzawa, les deux latéraux du soir, sont clairement fautifs. Et puis il y a ce deuxième but dans les arrêts de jeu, ce magnifique retourné de Dia qui a scellé une victoire très méritée pour des Rémois qui n’ont finalement été que très peu mis en danger. C’est la 2e défaite en 7 matchs pour Paris, ce n’est évidemment pas à la hauteur de ce à quoi le PSG nous a habitués. Maintenant, il faut aussi reconnaître qu’entre les blessés, les suspendus et tous les mecs laissés au repos, c’était clairement trop, même pour le champion en titre. Même s’il faut souligner que Guion avait aussi fait un peu tourner côté rémois. Je pense que Paris montrera un tout autre visage à Bordeaux samedi après-midi. Mais il faut vraiment se poser des questions sur ce turnover finalement assez ridicule. Parce qu’hier soir, on a vu le PSG de la fin de saison dernière, lorsqu’il manquait 8 joueurs à Lille et 10 à Nantes…

Pierrot