Zidane a perdu le mojo

Posté par Pierre Ménès le 20 Septembre 2019

C’est une drôle d’histoire qu’est en train de vivre Zinédine Zidane dans sa jeune carrière d’entraîneur. Arrivé en pompier de service à la tête du Real en janvier 2016, il remportait la Ligue des Champions six mois plus tard. Deux ans de plus et il en avait gagné trois. C’est là qu’il a décidé de jeter l’éponge, quelques jours après l’annonce du départ de Ronaldo. Je ne sais pas s’il y avait une relation de cause à effet entre ces deux événements, mais toujours est-il - et ça je ne le lis pas très souvent - que depuis que CR7 est parti, le Real n’est plus vraiment le Real. 

J’aime bien les gens qui nous expliquent que le foot est un sport d’équipe, que c’est le collectif qui gagne… OK, mais quand tu as une individualité aussi omniprésente et aussi décisive, il est évident que cela modifie le paysage quand il n’est plus là. Ronaldo empilait les buts en Ligue des Champions, en phase de poules comme dans les matchs à élimination directe et son départ a laissé un vide béant dans cette équipe madrilène. Et chez ceux qui sont restés, certains ont commencé, assez logiquement, à montrer des signes de lassitude. L’accumulation de victoires conduit parfois à une forme d’indigestion. 

Zidane est donc revenu la saison dernière, toujours dans le rôle du pompier de service. Mais cette fois, cela n’a rien changé aux résultats d’une équipe déjà démobilisée et qui a un peu fini la saison en roue libre. Cet été, le Real a dépensé plus de 300 millions pour son recrutement et c’est vraiment là que j’ai trouvé que le bât blessait. Parce que, honnêtement, à part Hazard dont on reparlera plus bas, tous les autres joueurs sont à la fois très jeunes et très chers. Et je ne suis pas certain que, pour de jeunes recrues, un club comme le Real soit l’endroit idéal pour s’épanouir.

Il prendra la porte comme les autres

Depuis le début de la saison, les matchs et les résultats sont assez poussifs. Et finalement, c’est un peu logique car le Real triple vainqueur de la Ligue des Champions, c’était avant tout une colonne vertébrale très forte : Navas-Ramos-Modric-Ronaldo. Le premier et le dernier sont partis et les deux autres sont blessés actuellement. Franchement, ce qu’on a vu sur la pelouse du Parc mercredi soir est très inquiétant. On a vu une équipe sûre d’elle, trop sûre d’elle, même. Extrêmement arrogante, au fond. 

Aligner cinq joueurs à vocation offensive, c’est trop quand la défense est privée de Ramos et de Marcelo. Le Real a fait preuve de largesses défensives inexplicables, surtout face à un adversaire si lourdement handicapé sur le plan offensif. Zidane a misé très gros sur Hazard, qui est arrivé au club avec un surpoids visible à l’oeil nu, qui a été blessé, est encore en phase de reprise et est parfaitement inexistant pour le moment. Mais en même temps, dans quel rêve peut-on imaginer que le Belge puisse remplacer Ronaldo ? Ce n’est évidemment pas le même profil et j’ai même envie de dire, pas le même niveau. 

En tout cas, que tu t’appelles Zidane ou Guardiola, si tes résultats ne sont pas bons, tu te fais détruire par les journaux espagnols. L’étoile de Zizou, au firmament il y a un an et demi, a beaucoup pâli depuis. Il ne faut pas qu’il rêve, si les résultats continuent à être aussi médiocres, il prendra la porte comme les autres. Parce que c’est aussi la caractéristique de ce club : même s’il est le plus prestigieux au monde, il est également l’un des plus instables au niveau de sa direction technique. 

Pierrot