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Angela Black (OCS), un thriller tendu sur les violences conjugales et l’emprise psy

Posté par Alexis Lebrun le 7 décembre 2021
Dotée de six épisodes, cette nouvelle mini-série britannique examine les ressorts de l’emprise psychologique en mettant en scène un couple dont le mari duplice cache un comportement violent et manipulateur. Mais Angela Black bénéficie surtout de la présence de l’actrice Joanne Froggatt, remarquable dans le rôle difficile d’une femme battue qui a du mal à fuir cette situation.
Docteur Jekyll et M. Hyde

En apparence, Angela n’est pas une femme à plaindre. Elle habite une grande maison d’architecte très cossue dans la banlieue de Londres, et occupe ses journées en faisant du bénévolat dans un refuge pour animaux. Elle a deux adorables enfants, et son mari Olivier (Michiel Huisman) est un golden boy charmant, du moins en apparence aussi. Car derrière ce tableau se cache en réalité un horrible quotidien : Angela vit sous l’emprise terrorisante d’un mari violent qui ne retient pas ses coups contre sa femme. Cette dernière s’évertue à cacher tant bien que mal à ses proches les traces laissées sur son corps par ces violences, car elle vit sous l’emprise d’Olivier, qui est aussi un grand manipulateur psychologique.

Angela est toujours à deux doigts de le quitter, mais elle finit à chaque fois par changer d’avis face à ses pressions, notamment parce qu’il utilise habilement (si l'on peut dire) leurs enfants dans l’équation. C’est peut-être de là que viendra pourtant l'erreur fatale d'Olivier, car le détective privé qu’il a embauché afin d'espionner sa femme décide d’aller à la rencontre d’Angela pour lui révéler que son mari veut divorcer et obtenir la garde exclusive des enfants. Et Olivier pourrait bien dissimuler d’autres secrets encore plus troubles, comme des envies meurtrières… Reste à savoir si Angela peut croire ces allégations, préalable indispensable pour réussir à se défaire à temps de l’influence toxique de cet homme qui ne recule devant rien pour parvenir à ses fins.

Une statue pour Joanne Froggatt

Angela Black suit avec une certaine efficacité les codes du thriller, mais cette mini-série se distingue surtout par son ambition d’explorer les mécanismes de l’emprise psychologique dans le cas des violences conjugales. Le visionnage de quelques épisodes devrait d’ailleurs être prescrit à toute personne demandant encore « pourquoi les femmes battues ne partent pas ». La série fait également preuve d’une retenue bienvenue dans la façon qu’elle a de laisser hors-champ les violences subies par Angela, d’autant plus que la vision de son visage tuméfié suffit à nous glacer. Il faut évidemment rendre hommage à la qualité de l’interprétation de l’actrice britannique Joanne Froggatt (Liar) – déjà nommée aux Emmys et récompensée aux Golden Globes pour son travail sur Downton Abbey (Netflix) – qui parvient avec beaucoup de subtilité (et de courage !) à faire comprendre pourquoi et comment son personnage est sous l’emprise de son mari.

Elle est bien accompagnée par Michiel Huisman (Game of Thrones, Orphan Black, Treme, The Haunting of Hill House…), qui n’en finit pas de faire usage de son charme très menaçant, après son rôle de fantôme venu hanter Kaley Cuoco dans l’excellente surprise The Flight Attendant (Warner TV) il y a quelques mois. Angela Black nous permet également de découvrir un jeune talent très prometteur, l’acteur Samuel Adewunmi, dans le rôle du mystérieux détective privé (Ed), qui affirme aider Angela car son mari a dépassé les bornes dans ses demandes contre elle… Notez enfin que la série est écrite et produite par Harry et Jack Williams, les deux frères grâce à qui la géniale Fleabag de Phoebe Waller-Bridge a pu voir le jour, et on peut en dire autant des récentes Liar ou The Missing. Des références solides et nécessaires pour s’attaquer à un sujet aussi difficile que celui des violences envers les femmes.

Angela Black épisodes 1 à 6, diffusés sur OCS, disponible avec CANAL+.