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Big Sky, le nouveau thriller d’empowerment féminin de David E. Kelley

Posté par Alexis Lebrun le 26 février 2021
Après le succès de Big Little Lies et The Undoing, le créateur d’Ally McBeal et The Practice confirme son retour en grâce avec cette nouvelle série disponible sur Disney+ en France. Dans un genre assez nouveau pour lui, David E. Kelley démontre encore avec Big Sky son talent pour l’écriture de personnages féminins complexes, et de scénarios soapesques qui rendent accro.
Bienvenue dans le Montana

Des paysages verdoyants et bucoliques à perte de vue, derrière lesquels se cachent une menace imprévisible mais bien réelle. Voilà comment on pourrait résumer le cadre de Big Sky, une série qui prend place au cœur du Montana, un immense Etat américain à la densité de population très faible, collé le long de la frontière canadienne. Dès le générique composé de plans aériens de cette région constituée de montagnes, de forêts et de lacs, la série semble rendre hommage à la séquence d’ouverture de Shining (Stanley Kubrick, 1980), elle aussi tournée dans le Montana. Mais Big Sky s’intéresse elle à une menace qui hante les routes du coin. Deux jeunes sœurs tombées en panne sont kidnappées par un camionneur complètement effrayant, et qui n’est pas vraiment en paix avec sa mère (un petit côté Norman Bates).

Deux détectives privés et une ex-flic se lancent alors à la recherche des jeunes filles disparues, et apprennent rapidement qu’elles ne sont pas hélas les premières à faire une bien mauvaise rencontre par ici. C’est le coup d’envoi d’une course-poursuite pour notre trio de détectives (Cassie, Cody et Jenny) qui ont en plus des liens personnels complexes entre eux, et avec l’une des disparues. Et au cours de ces neufs premiers épisodes, celles qui sont d’abord présentées comme des victimes vont peut-être pouvoir se libérer et triompher de leur ravisseur, qui n’est probablement pas seul non plus. Autant prévenir tout de suite : il y a dès la fin du premier épisode un des cliffhangers les plus choquants de l’histoire récente des séries, qu’on se contente de qualifier de pari scénaristique complètement inattendu et assez fou, pour ne rien révéler.

Les femmes au pouvoir

Si le nom le plus connu du casting de Big Sky est sans doute Ryan Philippe – dont quiconque ayant grandi à la fin des années 1990 se souvient pour ses rôles dans Souviens-toi... l'été dernier et Sexe Intentions –, c’est un duo féminin qui donne sa dynamique à la série, et cela n’a rien d’étonnant quand on connaît l’œuvre de son créateur et showrunner, David E. Kelley, à qui on a d’ailleurs consacré un article il y a peu. Il y a d’abord Jenny, l’ex-flic qui vit séparée de son mari (Cody, joué par Ryan Philippe donc), mais qui croit encore à un avenir pour son couple et qui n’hésite d’ailleurs pas une seconde à aider l’agence de détectives de son ex pour retrouver les deux jeunes filles disparues.

Elle est incarnée par Katheryn Winnick, qui après avoir multiplié les apparitions dans bon nombre de séries a décroché un rôle principal dans Vikings, où elle a joué Lagertha pendant six saisons. Face à elle, Jenny retrouve Cassie, la détective privée qui ne partage pas que son agence avec Cody, puisqu’elle entretient une liaison avec ce dernier. Autant dire qu’elle n’est pas la meilleure amie de Jenny au début de la série, mais leur relation qui commence sur des bases soap – ce que David E. Kelley maîtrise très bien – évolue de façon intéressante au fil des épisodes et de leur traque du kidnappeur. Cassie est interprétée par Kylie Bunbury, une actrice qui monte puisqu’elle a déjà joué dans les séries When They See Us, Pitch et Under the Dome.

Question raciale et Covid-19

On note au passage que son personnage permet à Big Sky d’explorer ce que c’est d’être une femme métisse dans un milieu aussi blanc et rural que le Montana. La série a en outre marqué l’histoire à sa façon, puisque Jesse James Keitel est l’un des premiers acteurs non-binaires à incarner un personnage également non-binaire sur une grande chaîne américaine (ABC). Du côté des méchants, il faut absolument évoquer Brian Geraghty (Démineurs) qui fait réellement froid dans le dos au volant de son poids lourd avec lequel il kidnappe des femmes en écoutant de la bonne vieille country (mention spéciale pour la BO de la série, excellente), mais Valerie Mahaffey régale tout autant dans le rôle de la mère castratrice au moins aussi malaisante que son loser de fiston.

Mais la perle de la série est sans conteste John Carroll Lynch (Zodiac, Shutter Island, American Horror Story, Fargo), parfait en flic local du cru, et dont la prestation se distingue dès les premières minutes de Big Sky. Son humour très particulier fait même référence à la crise sanitaire actuelle – qui a forcément eu des conséquences sur le tournage de la série l’an dernier. Et ce n’est pas le Covid-19 qui nous empêchera de retourner dans le Montana, puisque l’on vient d’apprendre que Big Sky aura droit à sept nouveaux épisodes qui sortiront cette année, et qui aborderont un nouveau mystère !

Big Sky épisodes 1 à 9 sur Disney+, disponible avec CANAL+.