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Bloodlands, un polar tendu sur fond de conflit nord-irlandais

Posté par Alexis Lebrun le 12 mai 2021
Véritable phénomène lors de sa diffusion outre-Manche, cette mini-série de quatre épisodes offre une enquête « cold case » sans répit et d’autant plus passionnante qu’elle nous replonge vingt ans en arrière, à la fin du conflit qui a ensanglanté le Royaume-Uni pendant plusieurs décennies.
Chasse à l’homme

Détective en chef au sein de la police nord-irlandaise, Tom Brannick (James Nesbitt) est un homme de courage qui élève seul sa fille Lizzy depuis la disparition de sa mère Emma vingt ans plus tôt. Appelé à enquêter sur le kidnapping d’un ancien membre de l’IRA, il est rapidement mis sur la piste ancienne d’un tueur en série surnommé Goliath, soupçonné d’être responsable du meurtre de plusieurs personnes portées disparues (dont la femme de Tom) il y a vingt ans. Problème : l’affaire a été mise sous le tapis au moment des faits pour des raisons politiques – principalement pour ne pas risquer de faire capoter l’accord de paix pour l’Irlande du Nord, signé en 1998 – et Tom n’a jamais pu faire correctement son deuil ni être confronté à l’assassin de son épouse.

La disparition d'un nouvel individu lui donne donc l’occasion de rouvrir cette vieille affaire classée sans suite, mais il se heurte à un autre obstacle de taille dans ses investigations : il se pourrait bien que le coupable fasse lui-même partie des forces de l’ordre. Heureusement, Tom n’est pas du genre à lâcher le morceau si facilement, et accompagné de la détective Niamh McGovern (Charlene McKenna), il se lance à la poursuite du coupable pour enfin faire la lumière sur cette affaire qui le hante depuis trop longtemps. Cette enquête donne aussi l'occasion à Bloodlands de nous faire découvrir la région de Strangford Lough, son immense lac et ses dizaines d'îles, dont la beauté mystérieuse se double dans la série d’un vernis plus que sinistre, d’autant que l’accord évoqué plus haut est loin d’avoir apaisé toutes les tensions politiques sur place.

Le retour de James Nesbitt sur le petit écran

Acteur nord-irlandais reconnu depuis des années maintenant, James Nesbitt est surtout connu chez nous pour son rôle dans une autre série policière de la BBC : La Loi de Murphy, où il a occupé le rôle principal pendant cinq saisons entre 2001 et 2007. Depuis, on l’avait retrouvé en 2008 dans la bonne mini-série Jekyll – toujours sur la BBC –, où il livrait une version convaincante du classique Dr Jekyll et Mr Hyde, et pour laquelle il avait d’ailleurs reçu une nomination aux Golden Globes. Après un passage par la série médicale Monroe entre 2011 et 2012, James Nesbitt avait de nouveau brillé dans le thriller psychologique The Missing (2014-2016), où il jouait un père à la recherche de son jeune fils disparu en France.

Et n’oublions pas non plus que l’acteur nord-irlandais avait été choisi pour jouer le rôle principal de Lucky Man (2016-2018), la série policière imaginée par un certain Stan Lee (eh oui le papa de Marvel) juste avant sa mort. Au cinéma, le grand public le connaît surtout parce qu’il a incarné le nain Bofur dans la trilogie Le Hobbit de Peter Jackson entre 2012 et 2014, mais James Nesbitt a aussi tourné avec Michael Winterbottom, Woody Allen, Ralph Fiennes, Danny Boyle et surtout Paul Greengrass, pour qui il a inteprété Ivan Cooper (un des protagonistes du conflit nord-irlandais) dans le fantastique film Bloody Sunday (2002), qui lui vaudra une nomination plus que méritée aux BAFTA. Bref, qu’il s’agisse d’entrer dans la peau d’un flic ou de se frotter au sujet très sensible du conflit nord-irlandais, James Nesbitt fait généralement mouche, et Bloodlands ne fait pas exception à la règle. La série a d’ailleurs déjà été renouvelée pour une deuxième saison.

Bloodlands épisodes 1 à 4, à retrouver dès maintenant sur CANAL+.