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De Love Victor à Big Sky, des séries inédites arrivent sur Disney+ pour le lancement de Star

Posté par Alexis Lebrun le 23 février 2021
C’est l’événement de ce début d’année sur le terrain des plateformes de streaming. La firme de Mickey lance aujourd’hui « Star » sur Disney+, une extension qui ajoute des dizaines de séries et de films qui visent le public adulte, après le rachat de la Fox par Disney. Et parmi les fictions les plus attendues au lancement, on compte quelques séries inédites en France, que l’on vous présente donc aujourd’hui.
Solar Opposites

Quoi de mieux pour commencer que le nouveau bébé animé de Justin Roiland, le cocréateur de Rick & Morty ? Contrairement aux aventures intergalactiques de son grand-frère, Solar Opposites est fermement installée sur le plancher des vaches, puisque la série met en scène une famille d’extraterrestres coincés dans une banlieue pavillonnaire de l’Amérique moyenne. Après la destruction de leur planète par un astéroïde, les quatre membres de la famille – deux adultes et leurs « réplicants » – tentent de s’acclimater tant bien que mal au mode de vie terrestre si particulier qu’est le nôtre. Le scientifique de la bande (Korvo) déteste la Terre et veut à tout prix trouver un moyen de partir, à l’inverse de Terry, qui s’enthousiasme lui pour toutes les activités humaines, même les plus étranges.

Solar Opposites offre ainsi un regard décalé très pertinent sur notre civilisation et ses absurdités, mais son idée de génie vient des deux derniers membres de la famille (Yumyulack et Jesse), qui sont constamment stigmatisés pour leur apparence extraterrestre – en particulier à l’école – et qui se vengent en faisant rétrécir des humains qu’ils enferment dans des boîtes dans leur chambre, et qui finissent par former une sorte de micro-société, puisqu’ils sont tous empilés sur un même mur. Vous l’avez compris, Solar Opposites partage avec Rick & Morty un goût de l’absurde et des personnages marginaux attachants (on ne peut pas tous les lister ici malheureusement). Et comme son grand-frère, elle est vraiment réservée aux adultes : même si elle est un peu plus paisible et moins trash, on y retrouve le style gore à souhait de certains passages de Rick & Morty, et surtout les dialogues et la voix inimitable de Justin Roiland, qui double une nouvelle fois un scientifique aux plans foireux. En résumé, une proposition originale et drôle qui n’a rien d’une copie, et qui ne manquera pas de rappeler au public français quelques souvenirs d’une série bien de chez nous : Les Zinzins de l’Espace.

Love, Victor

Si vous aimeriez bien voir souffler un vent de fraîcheur sur le genre des teen dramas, ce spin-off de la comédie romantique Love, Simon (Greg Berlanti) – qui avait fait sensation en 2018 – est fait pour vous. On y suit les aventures d’un jeune lycéen qui déménage avec sa famille à Atlanta en cours d’année, et qui espère que ce nouvel environnement lui permettra de trouver des réponses aux questions qu’il se pose sur son identité. Car Victor ne sait pas encore quelle est son orientation sexuelle, et grandir avec des parents très religieux qui passent leur temps à se disputer ne le rassure pas vraiment quant à l’idée de leur dire qu’il n’est pas hétéro. Il faut ajouter à cela que son nouveau lycée est très huppé, et qu’être un élève issu de parents originaires d’Amérique du Sud n’est déjà pas bien vu par certains de ses camarades.

Alors Victor choisit de flirter avec une fille qui en pince pour lui, mais cela ne résout pas ses interrogations sur son identité, bien au contraire. Mais il peut compter sur sa correspondance virtuelle avec le héros du film, qui a déménagé après son coming out, et que Victor envie car son homosexualité a été bien accepté par sa famille et les élèves du lycée. Bref, Love, Victor reprend les ingrédients qui ont fait le succès du film, et on retrouve d’ailleurs les scénaristes de ce dernier (Isaac Aptaker et Elizabeth Berger) derrière la série. Cerise sur le gâteau, le héros de Love, Simon n’est pas seulement narrateur et producteur de la série, il reprend aussi son rôle dans un des épisodes.

Helstrom

Changement radical d’ambiance avec la dernière série de Marvel Television, studio qui a été absorbé par Marvel Studios récemment. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Helstrom ne ressemble à aucune autre adaptation des comics de la Maison des Idées. La série se classe clairement dans le registre de l’horreur et du gore, avec plus de sang versé dans le premier épisode que dans l’ensemble des films du MCU (Marvel Cinematic Universe). Il faut dire que Helstrom n’est pas l’adaptation de n’importe quels comics non plus. Ses héros, Daimon et Satana Hellstrom, ont réellement grandi dans une famille de dingues, puisque leur père est un serial killer, raison pour laquelle leur mère a perdu la tête et a dû être internée.

Dans la série, un démon très dangereux a pris possession de son corps, et fait peser une grave menace qui oblige Daimon et sa sœur à renouer le contact après un long silence radio. Evidemment, nous sommes en présence de super-héros, donc ils possèdent tous les deux des pouvoirs uniques, qu’ils utilisent dans leurs activités très particulières. Lui maîtrise la démonologie et le feu les doigts dans le nez et exorcise tout ce qui hante les malheureux humains sans défense, tandis qu’elle traque les pires criminels et les élimine grâce à ses pouvoirs psychiques plutôt badass. Les actrices qui incarnent la mère (Elizabeth Marvel) et la fille (Sydney Lemmon) se distinguent particulièrement dans le casting de Helstrom, dont le créateur et showrunner n’est autre que Paul Zbyszewski, l’une des têtes pensantes de Lost sur ses deux dernières – fantastiques – saisons.

Big Sky

Enfin, après les décors très sombres de Helstrom qui se déroule en partie à Portland dans l’Oregon, direction l’Etat presque voisin du Montana pour le dernier projet en date du stakhanoviste des séries David E. Kelley, créateur d’Ally McBeal et plus récemment des excellentes Big Little Lies et The Undoing (OCS). Cette fois, il s’attaque au thriller, puisque Big Sky raconte la course-poursuite entre un kidnappeur de femmes extrêmement flippant qui sévit à la frontière canadienne, et un trio composé de deux détectives privés et d’une ex-policière. Ces trois-là forment aussi un triangle amoureux, car David E. Kelley reste l’un des maîtres du soap.

Mais Big Sky est une série on ne peut plus sérieuse qui aborde plus ou moins en filigrane des sujets graves, en accordant une place centrale à des personnages féminins complexes et bien écrits, ce qui constitue l’autre marque de fabrique de Kelley. La série filme aussi avec un certain talent les paysages champêtres à la fois bucoliques et angoissants du Montana, un Etat grand par la taille mais petit par le nombre d’habitants. Cela permet bien sûr à Big Sky de cultiver son mystère, mais aussi de donner une couleur très particulière à certains personnages, comme son antagoniste (Ronald), un camionneur qui a tout du psychopathe enfermé dans une relation dysfonctionnelle avec sa mère. Et si vous aimez les cliffhangers qui choquent, on vous conseille vraiment d’aller au bout du premier épisode, qui devrait vous accrocher pour le reste de la saison.