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Eden, une série australienne envoûtante et addictive

Posté par Alexis Lebrun le 8 juillet 2021
En partant de la disparition mystérieuse d’une jeune fille dans une ville côtière loin d’être aussi paradisiaque qu’elle en a l’air, cette production très influencée par les références du genre aborde aussi des thématiques sombres et actuelles qui en font plus qu’un simple thriller estival.
Paradis perdu

Après une année passée à étudier au très prestigieux conservatoire new yorkais de la Juilliard School, le retour à la maison de Scout pour l’été commence mal. La jeune femme fait enfin le premier pas pour révéler qu’elle a le béguin pour sa meilleure amie Hedwig, mais cette dernière semble perturbée et avoir mystérieusement changé depuis son départ. Elles se rendent à une énorme fête organisée dans la demeure de rêve d’un jeune acteur connu, mais très rapidement, la soirée prend une tournure inattendue puis angoissante.

Au lieu de célébrer leurs retrouvailles, Scout et Hedwig se disputent violemment, pas aidées par leur consommation de substances hallucinogènes (Hedwig est devenue dealeuse). Le lendemain matin, elles ont disparu toutes les deux, mais seule Scout est vite retrouvée. Voilà qui marque le début d’une enquête où l’on réalise rapidement que les décors paradisiaques d’Eden cachent des secrets nettement peu reluisants.

Australie de carte postale

Inspirée par la ville côtière très touristique de Byron Bay, célèbre pour ses surfeurs, Eden montre pourtant une face très sombre de l’Australie. Les huit épisodes de la série touchent à des sujets très sérieux comme l’addiction, les traumatismes engendrés par la maltraitance sur mineur, ou encore l’embrigadement sectaire. Eden alterne les plans aériens des paysages majestueux et gorgés de soleil du coin avec des images mystérieuses voire angoissantes quand des individus défilent masqués en blanc (non, ce n’est pas The Leftovers).

Si les prémices de la série évoquent immanquablement Twin Peaks, l’inévitable chef-d’œuvre de David Lynch, l’enquête poisseuse d’Eden dans les recoins plus glauques de l’Australie rappelle bien sûr aussi True Detective, voire The Killing. Mais la série de Vanessa Gazy et Bryan Elsley (cocréateur de Skins) se distingue avec ses étranges personnages typiquement australiens, et sa façon de détourner les célèbres soaps du pays comme Paradise Beach.

Nouvelles têtes

Rendue plutôt addictive par le suspense qu’elle entretient autour du sort réservé à Hedwig, la série a aussi la bonne idée d’adopter une structure narrative qui fait ses preuves ici : chaque épisode est nommé à partir d’un personnage différent et centré sur son point de vue. Les épisodes regorgent aussi de flashbacks qui éclairent le parcours souvent tourmenté des personnages, incarnés par un casting australien de premier choix.

Si l’on retrouve dans Eden des visages connus comme Keiynan Lonsdale (Wally West dans The Flash et Bram dans Love, Victor), Cody Fern (The Assassination of Gianni Versace et American Horror Story), Christopher James Baker (True Detective, Ozark, Stargirl) ou encore Samuel Johnson (Nos vies secrètes), la série révèle surtout deux actrices d’avenir dans les rôles principaux : Sophie Wilde (Scout) et BeBe Bettencourt (Hedwig), qui vient de faire ses débuts au cinéma aux côtés d’Eric Bana dans The Dry (Robert Connolly, 2021). Elle est la fille d’un couple de musiciens puisque son père n’est autre que Nuno Bettencourt, le guitariste du groupe américain Extreme. Quant à sa maman, il s’agit de Suze DeMarchi, la chanteuse du groupe australien Baby Animals. Leur progéniture n’apparaîtra pas a priori dans une deuxième saison d’Eden, mais on devrait la retrouver très vite à la télévision comme au cinéma.

Eden est disponible en intégralité sur CANAL+.