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Golshifteh Farahani, la lumière qui brille dans la nuit de VTC

Posté par Marc Larcher le 16 novembre 2021
Avec le rôle de Nora, une femme perdue dans la violence parisienne, l’actrice iranienne habituée des rôles difficiles illumine la nouvelle série de CANAL +
Des classiques du cinéma et du théâtre aux bas-fonds

On ne l’a jamais vue comme ça. Enfermée dans l’habitacle d’un break Citroën, qui est autant son lieu de travail que son lieu de vie, en train de se laver avec de simples lingettes garée sur un parking, hyper stressée par son métier et par sa situation de mère qui ne peut voir sa fille que sur l’écran de son smartphone. D’ailleurs, pour tenir, entre les sandwichs et les cafés à la station-service, elle prend des amphétamines, une substance qui la rend accro. En devenant Nora dans la série de Julien Bittner et Sébastien Drouin, l’actrice Golshifteh Farahani franchit un nouveau pas dans sa quête de personnages marquants. Les spectateurs français l’ont déjà vue endosser avec brio des rôles très éloignés de celui-ci. On pense notamment à celui de Madame de Réan dans l'adaptation du classique de la littérature française Les Malheurs de Sophie de Christophe Honoré, celui d’Anna Karenine qu’elle a incarnée au théâtre à la Cartoucherie de Vincennes ou celui de la petite amie du poète et chauffeur de bus américain interprété par Adam Driver dans Paterson de Jim Jarmush en 2016. Dans un autre registre, on se souvient encore d’elle en Shansa dans Pirates des Caraïbes, la Vengeance de Salazar de Joachim Ronning et Espen Sandberg ou en Govend, l'institutrice d’un village du Kurdistan dans My Sweet Pepperland d’Hiner Saleem (2013). Et si Golshifteh est capable de tout jouer, du plus glamour au plus difficile, c’est peut-être parce que sa destinée est elle-même hors du commun.

Une Iranienne capable de conquérir Hollywood

Née à Téhéran, Golshifteh Farahani est la fille d’un acteur et metteur en scène de théâtre et d’une comédienne. Enfant virtuose au piano, elle refuse de se présenter au conservatoire de Vienne pour entamer à l’âge de 14 ans une carrière d’actrice en Iran. Trilingue – elle parle persan, anglais et français -, elle enchaîne les tournages et figure dans dix-neuf films en dix ans. Adolescente, elle a été attaquée à l’acide par un homme qui la jugeait pas assez « couverte ». Heureusement, elle a été protégée par son sac à dos et son manteau, l'acide ne causant que quelques brûlures à la main. En 2008, elle franchit les portes d’Hollywood en travaillant avec Leonardo DiCaprio dans Mensonges d'Etat de Ridley Scott. Les Etats-Unis étant l’ennemi officiel de l’Iran, une interdiction temporaire de sortie du territoire est prononcée et son passeport est confisqué. Elle réussira néanmoins à quitter le pays pour rejoindre les tournages mais va vivre ensuite en exil, notamment en France.

Une survivante à la vie et à l’écran

Autant d’expériences, de hauts et de bas, qui ont forgé son caractère et sa résistance et qui lui donnent une crédibilité totale quand on la découvre dans VTC incarner un nouveau visage de la précarité : celle des femmes seules sans logement vivant la nuit dans les recoins d’une grande ville. Et si on la voit subir des violences, elle montre dans la série qu’elle est également capable de riposter. C’est d’ailleurs ce que va apprendre à ses dépens Gringe, le mystérieux créateur de l’appli et du réseau clandestin qui l’emploie. Quand on a traversé le monde et l’histoire comme elle l’a fait, cela se voit dans le regard et à l’écran.

La série VTC est disponible en intégralité sur CANAL+.