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Loki, une série Marvel peut-être aussi dingue que WandaVision ?

Posté par Alexis Lebrun le 11 juin 2021
Après les aventures terrestres très « buddy movie » de Sam Wilson et Bucky Barnes dans Falcon et le Soldat de l’Hiver, Marvel Studios s’apprête à faire de nouveau chauffer le cerveau des fans du MCU avec l’une de ses séries les plus attendues sur Disney+. Eh oui, Loki, l’irrésistible Dieu de la Malice est de retour. Et comme à son habitude, il risque bien de foutre un gros bordel.
Retour en 2012

Commençons par un petit rappel et déjà une alerte SPOILER si vous n’avez pas vu les films Avengers: Infinity War (2018) et Endgame (2019) des frères Russo. On se souvient que dans la scène d’introduction du premier, le malheureux Loki était tué sans cérémonie par Thanos, sous les yeux impuissants de son frère Thor, le Dieu du Tonnerre. Oui mais voilà, quand on est l’un des personnages préférés des fans du Marvel Cinematic Universe, on ne meurt jamais vraiment. C’est ce qui explique le twist improbable d’Endgame, où le Loki d’une réalité alternative – visitée par les Avengers à la recherche des Pierres d’Infinité pour vaincre Thanos – parvient à se téléporter on ne sait où avec le Tesseract (le gros cube cosmique bleu). Cette modification du cours de l’histoire est le point de départ de la série, dont le personnage principal est donc le Loki de 2012, soit un type pas super sympa, puisqu’en tant qu’antagoniste du film Avengers (Joss Whedon, 2012), il a tué le pauvre Phil Coulson (ressuscité pour la série Marvel : Les Agents du SHIELD) et tenté d’envahir et de prendre le contrôle de la Terre avec une armée extraterrestre qui transforme notamment New York en champ de ruines, avant d'être arrêté par les Avengers.

Oubliez donc les événements de Thor : Le Monde des ténèbres (Alan Taylor, 2013), Thor : Ragnarok (Taika Waititi, 2017) et Infinity War, le Loki de la série de Disney+ n’est pas le personnage qui a beaucoup évolué dans ces trois films. C’est en revanche toujours bien le frérot jaloux de Thor, celui que l’on a découvert dans le MCU avec le film Thor (Kenneth Branagh, 2011), où non seulement il doit évoluer dans l’ombre de son frère destiné au trône, mais où il apprend aussi qu’il est le fils biologique du géant de glace Laufey, et qu’il a donc été adopté par le père de Thor, Odin. C’est aussi dans ce film que son don inné pour le mensonge et les plans machiavéliques est illustré pour la première fois, des « qualités » qu’il devrait encore faire parler dans les six épisodes qui lui sont consacrés sur Disney+.

Tribunal des Variations Anachroniques

La série nous ramène donc en 2012 avec un Loki diabolique qui a échappé aux Avengers et qui a en sa possession une immense source de pouvoir. Forcément, réalité alternative ou pas, notre Dieu de la Malice n’a pas prévu de faire profil bas alors qu’il a de quoi changer le cours de l’Histoire. Malheureusement pour lui, il est intercepté par une étrange organisation située hors du temps et de l’espace, le TVA. Ce « Tribunal des Variations Anachroniques » veille grosso modo à ce que la ligne temporelle ne soit pas perturbée, ce qui vient justement d’arriver à cause du vol du Tesseract par Loki. Alerté par ce bazar dans le continuum spatio-temporel, l’organisme demande à Loki de réparer les dégâts qu’il a causés, ce qui l’amène à voyager dans le temps et à influer sur le cours de certains événements historiques, où il devrait rencontrer des personnages importants mais inconnus pour le moment. Contrairement à Falcon et le Soldat de l’Hiver qui ressemblait à un long film découpé, Loki devrait se rapprocher de l’approche très sérielle de WandaVision, et il se murmure que chaque épisode s’intéressera à une période particulière. Les plus attentifs ont déjà repéré dans une bande-annonce une référence évidente à l’affaire D. B. Cooper par exemple, et ce n’est pas un hasard, puisque la série sera inspirée entre autres du film de cavale Arrête-moi si tu peux (Steven Spielberg, 2002).

C’est ce qui arrive quand on fait confiance au maître absolu de la manipulation, et il est évident que Loki n’a pas une mais plusieurs idées derrière la tête. Plus largement, les possibilités de la série sont infinies : le multivers est enfin une réalité dans le MCU, et on parle beaucoup de la possible apparition d’autres versions de Loki, notamment Kid Loki (des Young Avengers ?), de la terrible Lady Loki, voire d'un Loki beaucoup plus âgé. Quels qu’ils soient, les événements de la série auront en tout cas des conséquences encore plus importantes pour l’avenir du MCU que les deux premières séries Marvel de Disney+, selon Kevin Feige, le patron de Marvel Studios. Si on ne voit pas encore comment ce Loki pourrait apparaitre dans le futur Thor: Love And Thunder (Taika Waititi, 2022), il est déjà clair que comme WandaVision, la série aura un lien important avec Doctor Strange in the Multiverse of Madness (Sam Raimi, 2022), et même Ant-Man and the Wasp: Quantumania (Peyton Reed, 2023). Et surtout, contrairement à WandaVision et Falcon et le Soldat de l’Hiver, Loki devrait bien avoir une deuxième saison. Reste à savoir avec quel Loki…

Tom Hiddleston et Owen Wilson réunis

Marvel Studios le sait, Tom Hiddleston est aussi populaire que le personnage qu’il incarne chez les fans. Et son retour est d’autant plus attendu que l’acteur britannique pensait que Loki n’avait plus d’avenir au sein du MCU après sa mort dans Infinity War. C’était sans compter sur les séries de Disney+, qui permettent de développer en longueur l’histoire des héros "secondaires" de l’univers Marvel, mais aussi d’introduire de nouveaux personnages. C’est ici le cas avec Mobius, un agent du TVA qui s’occupe du cas Loki et forme avec lui un duo comique et pourquoi pas amoureux d’après les rumeurs, d’autant que la série confirme que le Loki du MCU est bien gender fluid, conformément à d’ailleurs à son identité dans les comics de Marvel. Quant à Mobius, il est incarné par le chouchou absolu de Wes Anderson, à savoir Owen Wilson. Ce dernier retrouve Tom Hiddleston avec qui il avait déjà joué dans l’oscarisé Minuit à Paris (Woody Allen, 2012). La série a aussi été bien inspirée de caster l’étoile montante Gugu Mbatha-Raw (Black Mirror) dans le rôle de Ravonna Renslayer, une juge du TVA qui travaille elle aussi sur le dossier Loki, et qui ne devrait pas se contenter de rester dans le prétoire.

Même si ce n’est pas officiellement confirmé, Jaimie Alexander devrait de son côté reprendre le rôle de Sif, la guerrière d’Asgard déjà apparue dans les deux premiers films Thor. Enfin, Sophia Di Martino et Richard E. Grant ont eux été confirmés dans des rôles secrets, ce qui laisse penser qu’ils pourraient jouer respectivement Lady Loki et Old Loki. Pour faire tenir debout ce bordel spatio-temporel, la série peut heureusement compter sur l’expérience en matière de voyage dans le temps de son créateur et scénariste Michael Waldron, remarqué – et récompensé aux Emmy Awards – pour son travail sur Rick & Morty. Très apprécié chez Disney, ce jeune crack qui revendique l’influence de trois des meilleures séries récentes (Mad Men, The Leftovers, Watchmen) sur Loki s’est également vu confier le scénario de Doctor Strange in the Multiverse of Madness, et du film Star Wars développé par Kevin Feige. La réalisation des épisodes de Loki a elle été assurée par Kate Herron, derrière la caméra de plusieurs épisodes de Sex Education (Netflix) notamment, et surtout grande passionnée et connaisseuse de l’univers de Loki. Il faut bien ça pour mener à bien une série qui s’annonce aussi barrée.

Loki épisodes 1 à 6, diffusés à partir du 9 juin sur Disney+, disponible avec CANAL+.