Aller au menuAller au contenu principalAller à la recherche

Monday Mornings, la série médicale qui questionne l’égo des médecins

Posté par Alexis Lebrun le 7 décembre 2020
Annulée après seulement une saison en 2013, cette série de David E. Kelley (Ally McBeal) est un peu passée sous les radars en France à sa sortie. Grâce à Warner TV, il va heureusement être possible de (re)découvrir les dix épisodes de Monday Mornings, une série médicale qui possède quelques atouts pour se démarquer dans ce genre ultra-codifié.
« Revues de morbidité et de mortalité »

La particularité de Monday Mornings, c’est de s’attarder sur la dimension faillible des médecins. Souvent présentés par la fiction comme des dieux qui ont toujours raison, ils sont confrontés dans Monday Mornings à des réunions hebdomadaires chaque lundi (d’où le titre de la série) dans lesquelles sont passées en revue toutes les erreurs commises par les médecins de l’hosto, en particulier celles ayant eu les conséquences les plus graves pour les patients. On assiste ainsi à de douloureux interrogatoires des chirurgiens, confrontés à leurs limites et contraints de s’expliquer dans un amphi où ils font face à leurs pairs.

Ces réunions ont bien sûr pour but d’améliorer la prise en charge médicale des patients, en faisant des personnages de meilleurs médecins, mais elles donnent surtout des scènes cocasses et bien sûr souvent exagérées. Dans le premier épisode, un médecin habitué des boulettes mortelles est ainsi surnommé 007 pour son « permis de tuer », avant d’être viré sans ménagement. Après tout, ce ton mélodramatique à mi-chemin entre humour et tragique est l’une des marques de fabrique du créateur de la série.

Un casting qui allie qualité et diversité

On retrouve dans Monday Mornings beaucoup de visages connus, mais la série se distingue surtout en laissant une large place aux femmes et à des personnages issus de minorités, ce qui n’était pas si courant à l’époque dans les séries médicales. C’est le cas de Ving Rhames (Pulp Fiction, Mission Impossible), qui joue une grande gueule attachante, et dont la personnalité tranche avec celle du Dr Sung Park (Keong Sim), un neurochirurgien qui ne prend aucune pincette dans ses échanges, rappelant évidemment la verve et la franchise d’un certain Dr House, un an seulement après la fin de la série médicale culte des années 2000. On apprécie aussi la détermination du Dr Sydney Napur (Sarayu Rao), médecin « mariée à son job » et pour qui les injonctions faites aux femmes pour qu’elles fondent une famille sont une source d’angoisse.

Alfred Molina régale dans le rôle du patron très exigeant avec ses troupes, même s’il n’est heureusement pas aussi méchant que dans Spider-Man 2. Quant au beau gosse Jamie Bamber (Battlestar Galactica), il fait le boulot dans le rôle du chirurgien brillant qui cache des failles liées à des traumas d’enfance. Enfin, les fans de The Mandalorian reconnaîtront peut-être la voix de l’actrice qui joue L’Armurière dans la série Disney+, puisqu’Emily Swallow fait partie des médecins de Monday Mornings (sans armure, ce qui est tout de même préférable pour opérer).

Le retour de David E. Kelley à la série médicale

Les fans de séries le savent, David E. Kelley est l’un des créateurs de séries les plus prolifiques des trente dernières années. Parmi ses fictions les plus célèbres, on doit évidemment citer les séries judiciaires Ally McBeal (FOX Play) et The Practice, avec lesquelles il est devenu une figure incontournable de la télévision au tournant de l’an 2000. On le sait moins, mais Kelley s’est aussi essayé à la série médicale dans les années 1990 avec l’excellente Chicago Hope, malheureusement éclipsée par le succès énorme d’Urgences.

Avant de revenir sur le devant de la scène avec le phénomène Big Little Lies (OCS) en 2017 puis The Undoing cette année, Kelley a lancé plusieurs séries moins connues, et Monday Mornings en fait partie. Pour lui donner naissance, il s’est entouré du célèbre neurochirurgien et écrivain américain Sanjay Gupta, puisque ce dernier est l’auteur du roman à succès sur lequel la série est basée. Limitée à une seule saison, elle n’a malheureusement pas eu le temps de développer ses personnages intrigants et leurs relations. Raison de plus pour lui redonner sa chance aujourd’hui.

Monday Mornings épisodes 1 à 10, diffusés à partir du mardi 15 décembre sur Warner TV, disponible avec CANAL+.