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Planquez votre argent, les Mighty Gemstones (OCS) reviennent !

Posté par Marc Larcher le 15 janvier 2022
Pour la deuxième saison de la série de Danny McBride, la famille de télévangélistes se déchire. Qui va prendre le trône et la fortune du patriarche Eli Gemstone ? Ses enfants incompétents ou la concurrence ? Toute ressemblance avec l’intrigue de la série Succession est fortuite
Une série hilarante et délirante

C’est l’envers de « Succession », la série qui déchaîne les passions cette année. Le point de départ est a priori ressemblant : il s’agit là aussi des aventures d’une famille de millionnaires américains avec à sa tête un puissant patriarche qui a enfanté une famille de dégénérés ne rêvant que de le détrôner. Voilà pour le socle commun. Avec une énorme différence néanmoins, il s’agit non pas de magnats des médias new-yorkais occupés à réaliser des OPA mais de pasteurs télévangélistes du Sud des Etats-Unis. Surtout, la série « The Righteous Gemstones » (OCS) n’a pas pour but de dénoncer l’impunité des puissants mais bien de se moquer d’eux jusqu’à s’étouffer de rire. Depuis quelques années, c’est devenu la marque de fabrique des créations de l’acteur Danny McBride à l’origine du programme et qui, après avoir interprété un joueur de baseball à l'ego surdimensionné dans le délirant « Kenny Powers » et un vice-proviseur parano dans le drôlatique « Vice-Principals », joue le fils aîné d’Eli Gemstone (John Goodman), le prêcheur en chef de la famille.

John Goodman, cerné de tous les côtés

Pour la saison 2, le créateur du programme a décidé de forcer encore un peu plus le trait. Cette fois-ci, la famille Gemstone n’affronte plus un chantage à la sextape et des puristes de la religion catholique mais bien une partie de ses membres qui, pour prendre le pouvoir, est prête à s’associer à des télévangélistes concurrents. Affaibli, vieillissant, le pasteur Eli Gemstone va-t-il tenir le choc au moment où apparaît un fantôme du passé bien décidé à faire des révélations dévastatrices sur ses origines ? C’est toute la folie du sud profond des Etats-Unis qui est à nouveau convoquée par la série : rock chrétien, matchs de catch, violence du Texas, secte masculiniste, arnaques immobilières et même une bande d’assassins juchés sur des moto-cross… Comme souvent avec Danny McBride, la charge est sans limite et la vulgarité à son maximum. Derrière les éclats de rire, le spectateur découvre peu à peu une critique subversive du culte de l’argent des pasteurs. Villas énormes, 4X4 rutilants, costumes et bijoux ridicules, investissements douteux… On les voit s’enrichir à ne plus savoir qu’en faire et ce, grâce à la crédulité de leur public.

Un casting hors pair

Cette saison décolle vraiment avec le retour à l’écran de Walton Goggins, l’alter-ego de Mc Bride. L’entente et la folie au centre de leur duo rappellent d’ailleurs celles des comédiens Will Ferrell et John C. Reilly au cinéma. On retient également l’arrivée d’un reporter d’investigation new-yorkais en la personne de Jason Schwartzman, le rôle donné à Eric Roberts, pilier du cinéma de série B américain et l’apparition de Joe Jonas, un des membres du groupe The Jonas Brothers, qui joue… son propre rôle. Autrement dit un casting d’enfer qui permet à tous les acteurs de se lâcher complètement lorsqu’ils balancent les punchlines de l’équipe de McBride. Bien sûr, ce délire « sudiste » - les accents des comédiens valent le détour - n’est pas destiné à tous les publics. Pour les amateurs de culture américaine, les fans de Hara-Kiri et d’humour anti-clérical, c’est en revanche du pain béni. Les autres verront derrière les fous rires une dénonciation de la violence du consumérisme américain. S’attaquer en une seule série à la plupart des obsessions de l’Amérique, les Gemstones l’ont fait !

"The Righteous Gemstones" est disponible sur OCS avec CANAL +.