PRETTY HARD CASES, la série qui explose le genre du buddy movie

Posté par Marc Larcher le 9 mars 2022
Elles sont flics, elles ne se ressemblent pas, elles se détestent mais elles doivent enquêter ensemble. C’est cette formule bien connue que la série canadienne s’amuse à renouveler avec deux actrices méconnues et hilarantes.
Une longue tradition pour les duos de flics

On a connu STARSKY & HUTCH, la série phare des années 80, la franchise L’ARME FATALE qui a fait de Mel Gibson et de Danny Glover des stars dans les années 90, celle de BAD BOYS avec Will Smith et Martin Lawrence puis VERY BAD COPS (2010) avec Will Ferrell et Mark Wahlberg qui se moquait des associations de héros à contre-emploi et enfin THE NICE GUYS (2016) dans lequel Russell Crowe et Ryan Gosling renouvelaient le genre du « buddy movie ». Ce n’était donc pas une mince affaire que de lancer une série fonctionnant sur le même principe, avec deux policiers amenés à bosser ensemble malgré eux. Et pourtant, la série canadienne PRETTY HARD CASES réussit son pari en dynamitant ce genre et ses codes.

Deux femmes que tout oppose

Première leçon: s’amuser avec les habitudes du spectateur. Ainsi, le premier épisode démarre comme dans une comédie romantique avec une femme qui parle toute seule dans sa voiture. Elle rumine l’échec apparent de sa vie – elle a la quarantaine et n’a pas de mec – pour se donner la force de mieux rebondir : « Je suis seule, j’ai plus de quarante ans et mon fils va bientôt partir… Il faut que je sois audacieuse ». Surprise ! Elle décide de… se couper les cheveux. En quelques secondes, on passe à la comédie pure et dure qui se moque des rom coms. Puis, pendant un long moment, la voici qui compare les avantages et défauts des coupes de cheveux, on entre carrément dans le domaine de l’absurde. Jusqu’à ce qu’on découvre un passager à l’arrière du véhicule ! C’est son coéquipier, ils sont en fait en planque face à un point deal… Voilà pour l’ambiance, on ne cesse de changer de genre avec, à chaque fois, une pointe d’humour et de cynisme. Cette alchimie s’appuie en premier lieu sur le duo au centre de la série. D’un côté, la détective Sam Wazowski (Meredith MacNeill), flic de l’antigang très à cheval sur le respect du règlement et la détective Kelly Duff, (Adrienne C. Moore) flic des stups habituée à la réalité du terrain. Si elles ne peuvent pas se supporter, elles vont être bien entendu obligées de travailler ensemble. Et ce, dès cette première intervention puisqu’elles tentent en même temps d’intervenir sur le deal en cours chacune braquant son arme sur… l’autre. Puis quelques heures plus tard, en se prenant le chou lors de l’interrogatoire du suspect... Le ton est donné, on assiste à une série comique survitaminée.

La galère, véritable ciment du duo

Bien sûr, PRETTY HARD CASES prend le temps de se mêler de la vie personnelle des deux personnages principaux. Le nom de la série fait en effet autant allusion aux affaires difficiles qu’elles doivent résoudre qu’à leurs cas personnels, les deux femmes étant « difficiles à caser ». Habilement, la série canadienne joue, le temps des dix épisodes, sur les deux tableaux qui finissent par se croiser. D’un côté, la faculté d'adaptation du caméléon tout-terrain Kelly va déteindre sur l’enquête et la vie familiale de Sam tandis que le sens du devoir et la rigueur de Sam vont influencer Kelly. Au fur et à mesure, chacun y trouve son compte et apprend à apprécier l’autre. Ultime leçon de la série, le genre du buddy movie n’est pas mort. Comme elles, il évolue : il suffisait de le confier à des femmes et d’y ajouter une dose carabinée d’humour.

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