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Sharp Objects (OCS), thriller psychologique tranchant dans l'Amérique profonde

Posté par Alexis Lebrun le 14 mai 2020
Entre son casting au top, sa réalisation soignée et sa bande-son inspirée, cette mini-série de Marti Noxon (Buffy) disponible sur OCS reste l’une des réussites les plus marquantes des dernières années.
Une histoire de famille dysfonctionnelle incarnée par deux actrices au sommet de leur art

Adapté du roman Sur ma peau de Gillian Flynn (également scénariste de Gone Girl et Les Veuves), le scénario de Sharp Objects est non seulement très sombre, mais il aborde aussi des problèmes graves. L’héroïne (Camille Preaker) est une journaliste d’un quotidien de St-Louis, hantée par des traumatismes d’enfance (dont la mort de sa sœur) et chargée par son patron de retourner dans sa ville natale pour enquête sur le meurtre d’une jeune fille et la disparition d’une autre. Elle y retrouve sa mère, une mondaine complètement toxique habitante d’une maison démente, digne de l’esclavagiste joué par Leonardo DiCaprio dans Django Unchained.

Le duo est porté par Amy Adams (la fille) et Patricia Clarkson (la mère), dont les prestations exceptionnelles ont été récompensées par une avalanche de nominations aux Emmy Awards, et un Golden Globe remporté et bien mérité pour Clarkson. Il faut ajouter que la série traite de près de sujets comme l’alcoolisme et l’automutilation, au point que HBO a mis en ligne une page spéciale avec une liste d’associations à consulter si l’on souffre de ces troubles. Voilà pour l’ambiance.

Une plongée saisissante dans le sud profond des Etats-Unis

Si Sharp Objects est un régal pour les yeux, on le doit notamment à Jean-Marc Vallée. Le réalisateur canadien des excellents C.R.A.Z.Y. et Dallas Buyers Club est passé derrière la caméra d’une deuxième série HBO, après son travail acclamé par la critique sur la première saison de Big Little Lies. À l’image de True Detective, Sharp Objects prend place dans le sud de l’Amérique, au sein de la ville fictive de Wind Gap dans le Missouri. En réalité, une grande partie de la série a été tournée à Barnesville dans l’Etat de Géorgie, mais un travail considérable a été réalisé pour restituer l’ambiance très particulière d’une petite ville traditionnelle du sud du pays.

Au-delà de la passion des habitants pour la religion, les armes à feu et les valeurs plus que traditionnelles, Sharp Objects montre aussi des inégalités sociales criantes, et nous fait constamment ressentir la moiteur de cette région chaude et poisseuse, où les personnages sont toujours en train de suer abondamment. Ce souci du détail n’a rien d’une surprise : Jean-Marc Vallée s’est entouré de gens du coin pour être le plus proche possible de la réalité. Et il faut aussi parler du soin apporté aux accents et à la prise de son, qui capte en permanence des bruits divers qui contribuent à faire du cadre de la série un personnage à part entière. Et en parlant de son…

Une série où la musique occupe une place centrale

Dès les premiers épisodes, Sharp Objects brille par sa bande-son, qui vient appuyer de nombreuses scènes marquantes. Jean-Marc Vallée a lui-même sélectionné avec un soin particulier chaque titre, et il a souhaité qu’elle soit toujours diégétique, ce qui signifie qu’elle provient toujours d’appareils présents dans la série, comme le smartphone de Camille Preaker ou la chaîne hi-fi de son beau-père.

On y trouve aussi bien le rock débauché de Led Zeppelin que l’electro envoutant de The Acid, et même une bande-originale de Michel Legrand. Contrairement à beaucoup de séries et films, l’usage des morceaux n’est jamais artificiel mais vient appuyer la représentation et les sentiments des personnages. Et la playlist écoutée par le personnage principal a une histoire bien particulière.

Sharp Objects épisodes 1 à 8 sur OCS, disponible avec CANAL+.