The Baby, l’enfant qui vous veut du mal

Posté par Marc Larcher le 25 avril 2022
Un bébé tombe entre les mains d’une jeune femme qui n’en veut pas. C’est le point de départ de la série hilarante diffusée sur OCS avec un twist de taille : le nourrisson a le pouvoir de tuer tous ceux qu’il rencontre.
Et si le mal absolu, c’était lui ?

Il fallait oser. Prendre l’être le plus innocent au monde, celui qui vient de naître, celui que les couples désirent pendant tant d’années, celui dans lequel ils vont fonder leurs espoirs, celui que le reste de la famille va combler de cadeaux, celui que la société toute entière révère et... en faire le méchant de l’histoire, une menace voire l’ennemi public n°1. C’est le pari osé et réussi de cette brillante série anglaise diffusée par OCS.

L’art de gérer un enfant infernal

Tout commence avec Natasha, une jeune femme anglaise de 38 ans qui mène sa vie comme elle l’entend, loin des contingences familiales auxquelles s’astreignent ses contemporains et ses amies. Elle fait ce qu’elle veut comme elle le veut, elle fume, elle boit, elle joue aux cartes avec ses copines jusqu’à pas d’heure, ou plutôt jusqu’au moment où un bébé inconnu lui tombe littéralement entre les mains. Alors qu’elle passe un week-end au bord de la mer au pied d’une falaise, une jeune femme inconnue se suicide au-dessus de Natasha et son enfant atterrit lui, dans les bras. La police aura bien sûr du mal à croire le récit qu’elle fait de l’événement improbable qui vient de lui arriver. D’autant plus que les choses vont encore s’accélérer, Natasha ne veut pas de l’enfant inconnu et le confie à des policiers qui meurent quelques instants après, ecrasés par un bout de falaise tombé sur leur voiture. Heureusement, le nouveau-né, particulièrement souriant et à l’aise, a survécu. En à peine quelques minutes, la série concoctée par Sian Robins-Grace et Lucy Gaymer a déjà accumulé trois morts mystérieuses et introduit le doute sur l’identité de cet enfant et sur son étonnante capacité à survivre pendant que les adultes autour de lui tombent comme des mouches. En un mot, on est passé de la comédie sociale sur une jeune femme moderne qui ne veut pas d’enfant ni de vie de famille au commencement de ce que pourrait bien être une série fantastique voire une série d’horreur. Dès lors, on tremble : que va-t-il se passer quand Natasha laisse le bébé pour quelques minutes au vieux monsieur de la supérette ?

Dans la lignée de L’EXORCISTE, l’humour en plus

On a rarement autant ri d’une situation aussi désespérée. En opposant les sourires des adultes gagas adorant les nourrissons à la lucidité de l’héroïne qui a bien compris que ce bébé incarnait le mal absolu, The Baby remet au goût du jour la mode d’un certain cinéma des années 70. De Damien (1976), enfant qui n’était autre que le fils du Diable, film réalisé par Richard Donner au fameux L'Exorciste (1973) de William Friedkin qui a traumatisé une génération de spectateurs, en passant par Le Village des Damnés sorti en 1960 puis réinterprété par John Carpenter en 1995, de nombreux films ont montré qu’une petite tête blonde pouvait être parfaitement inquiétante. Le message est clair : votre enfant n’est pas toujours ce que vous croyez et la société a peut-être tort de dire à tout le monde de devenir parent. Le sous-texte des six épisodes reste encore ouvert à de multiples interprétations dont la plus évidente est souvent partagée par les parents à bas-mot : avoir un enfant peut devenir un enfer. A la différence des films des seventies, il ne s’agit plus seulement d’avoir peur de l’enfant maléfique mais d’en rire. Tout en tentant de répondre à l’épineuse question : pourquoi Natasha survit-elle alors qu’autour, chaque personnage meurt l’un après l’autre ?

The Baby dès le 25 avril sur OCS, disponible avec CANAL+.