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The Nest, série lumineuse contre l’homophobie au Brésil

Posté par Alexis Lebrun le 26 novembre 2020
C’est un bien triste record que détient le plus grand pays d’Amérique latine. Plus d’un meurtre à caractère LGBTphobe y est commis chaque jour, une statistique déjà en augmentation avant l’arrivée au pouvoir du président homophobe Jair Bolsonaro. Voilà pourquoi la mini-série brésilienne The Nest est une bouffée d’oxygène qui redonne de l’espoir pour la communauté LGBT du pays.
À la recherche du frère perdu

En quatre épisodes de 25 minutes chacun, The Nest suit la quête de Bruno, un jeune militaire homosexuel qui fuit temporairement le carcan homophobe et brimeur de l’armée brésilienne pour se mettre à la recherche de son frère Leo, gay comme lui et qui a quitté le domicile familial quand il était jeune. Bruno débarque donc à Porto Alegre, la ville d’adoption de son frangin, où ce dernier est malheureusement introuvable. À sa place, le personnage principal fait la rencontre des amis de son frère, un groupe de jeunes marginaux qui assument pleinement leurs différences et qui lui font découvrir les lieux undergrounds gays où son frère dansait jusqu’au bout de la nuit.

Bruno devient notamment ami avec Stella, une transsexuelle qui a connu de près son frère et qui lui apporte son aide pour tenter de retrouver sa trace. En chemin, Bruno apprend à affirmer pleinement son identité au sein d’un groupe qui l’accueille à bras ouverts, alors que la série montre aussi l’homophobie qui règne un peu partout à Porto Alegre dès que les personnages sortent de leurs lieux de prédilection.

Un voyage inspiré du cinéma de Xavier Dolan

On s’en rend très vite compte, The Nest n’est pas une série à suspense qui repose sur des cliffhangers et la résolution d’une intrigue. Mais c’est une œuvre à la réalisation soignée qui pourrait donner un beau film indépendant de moins de deux heures, avec de très beaux plans nocturnes et un travail appréciable sur les couleurs, avec aussi de jolies scènes de danse et une musique choisie et utilisée habilement.

Visuellement, les deux réalisateurs brésiliens Filipe Matzembacher et Marcio Reolon (auteurs des films LGBTQ+ Beira-Mar ou l'âge des premières fois et Hard Paint) empruntent bien sûr pas mal à Xavier Dolan, mais ils parviennent à se distinguer en créant une ambiance vaporeuse qui joue beaucoup sur les sensations en peignant des portraits subtils, loin des clichés psychologiques habituels sur la découverte de l'homosexualité. Et finalement, alors que The Nest commence sur des bases assez sombres où l’homophobie se rajouter à une disparition inexpliquée, la série s’illumine progressivement grâce à ses personnages attachants, qui sont le meilleur remède à l’intolérance et qui donneraient presque confiance en l’avenir.

The Nest épisodes 1 à 4 sur HELLO, disponibles avec CANAL+.