The Tower, le polar britannique qui questionne le rôle de la police

Posté par Alexis Lebrun le 25 mars 2022
Diffusée en fin d’année dernière au Royaume-Uni, cette mini-série fait écho à une affaire criminelle choquante dont les secousses se font encore ressentir au sein du Metropolitan Police Service. Et les trois épisodes de The Tower sont d’autant plus crédibles qu’ils sont adaptés d’un livre écrit par une ancienne flic londonienne…
Une enquête qui donne un peu le vertige

Malgré son extrême brièveté, The Tower parvient à déployer – et à boucler – une intrigue d’une certaine densité, sans jamais nous perdre en cours de route. Ce n’était pas gagné, car de surcroît, le suspense tourne autour de deux mystères au lieu d’un. Le premier prend place dans le présent : sans que l’on sache comment, un policier rôdé (Hadley) et une jeune réfugiée libyenne (Farah) sont tombés du toit d’une tour à Londres. Mais ils n’étaient pas les seuls au sommet de cette tour au moment de leur chute mortelle.

Quand les enquêteurs débarquent, ils y trouvent en effet deux individus forcément très choqués : Lizzie Adama, l’équipière inexpérimentée du policier décédé, et un enfant de 5 ans, le fils de la voisine de Farah, dont on dit qu’il a été kidnappé par cette dernière. Et comme si cette enquête n’était pas déjà assez compliquée comme ça, Lizzie prend la fuite presque immédiatement après le drame, ce qui oblige la police à se lancer à sa recherche et à percer un second mystère. La série se divise ainsi en deux temporalités : le présent déjà évoqué, et des flashbacks qui nous mènent progressivement jusqu’au jour du drame, révélant au passage qu’il y a anguille sous roche.

Une série tristement d’actualité

Bref, pour la détective Sarah Collins, connue pour être aussi impassible et incorruptible que tenace, cette affaire ne sent pas très bon. Une impression renforcée par l’accueil très froid qui lui est fait à la police locale où travaillaient Hadley et Lizzie. Collins soupçonne rapidement l’inspecteur Shaw d’être impliqué personnellement dans cette histoire, car il a la fâcheuse tendance de lui savonner la planche. Mais il est protégé par son supérieur, ce qui laisse penser que ce service cache peut-être bien un petit penchant pour la dissimulation.

C’est malheureusement une thématique d’actualité pour la police britannique, secouée l’an dernier par le meurtre de Sarah Everard, une jeune femme arrêtée, kidnappée, violée et tuée par un policier déjà signalé mais jamais inquiété avant ces faits. Bien sûr, les médias britanniques n’ont pas manqué de faire le rapprochement entre cette affaire et The Tower, qui affronte les problèmes du racisme, du sexisme et met en lumière le comportement répréhensible de certains policiers et de ceux qui les couvrent.

Le premier vrai rôle principal de Gemma Whelan

La série sait d’ailleurs de quoi elle parle, puisqu’elle est adaptée d’un livre publié par Kate London, une ancienne policière londonienne devenue écrivaine. Le scénario adapté est signé Patrick Harbinson, ancien scénariste et producteur exécutif sur Homeland et 24 (Disney+) notamment, et la réalisation a été confiée à Jim Loach, réalisateur de la série Save Me Too, lauréate l’an dernier du BAFTA de la meilleure série dramatique.

Enfin, côté casting, les fans de Game of Thrones (OCS) reconnaitront immédiatement l’actrice Gemma Whelan, qui excelle en flic brillante et stoïque dans le rôle principal. Après son rôle de Yara Greyjoy dans la célèbre série HBO, elle a fait quelques apparitions dans The Crown et The End of the F***ing World (Netflix) puis Gentleman Jack (OCS) et Killing Eve (CANAL+), mais on se réjouit de voir que sa chance lui est enfin donnée dans un premier rôle. Elle ne l’a pas laissée passer.

The Tower épisodes 1 à 3, disponibles le 28 mars sur CANAL+.