Tout ce qu’il faut savoir sur « Inventing Anna »

Posté par Marc Larcher le 17 février 2022
Cette série sur une fausse héritière qui a arnaqué la haute société new-yorkaise marque le retour de la showrunneuse Shonda Rhimes. Ou comment des selfies pendant la fashion week peuvent mener à la prison.
Une showrunneuse et une actrice au sommet

C’est le scandale de la jet set new-yorkaise qui a fait couler le plus d’encre ces dernières années et une histoire idéale pour créer une série : mensonges en pagaille, une usurpation d’identité, des millions de dollars envolés, les réseaux sociaux comme accélérateur de célébrité, des banques d’affaires flouées, le glamour des fashion weeks, des soirées privées, des dettes colossales et un terminus en prison… Surtout quand cette histoire est entre les mains de Shonda Rhimes, redoutable show-runneuse de Scandal, Grey’s Anatomy et  How To Get Away With Murder, avec comme principale actrice Julia Garner, le second rôle qui vole la vedette à Jason Bateman dans la série Ozark. L’histoire est d’autant plus dingue qu’elle s’inspire d’un véritable article du magazine New York qui a retracé le parcours bien réel d’Anna Delvey, jeune noceuse qui s’est fait passer pour une héritière allemande et qui a arnaqué au passage ses riches « amis » de la haute société.

Anna, le caméléon qui a séduit les VIP

Plutôt que de commencer par la partie paillettes de l’affaire, Inventing Anna s’intéresse d’abord à la journaliste qui a rédigé l’article en question et qui parvient à rencontrer son sujet dans la prison de Riker’s Island. Anna ressemble alors à une petite chose effrayée mais dont on perçoit bien la dureté derrière la détresse du moment. Sa personnalité correspond aux personnages qu’affectionne Shonda Rhimes, une femme forte qui sait s’adapter aux circonstances. En prison ou dans un jet privé dont elle ne paiera jamais la facture de vol, l’actrice Julia Garner excelle. Habilement, son portrait est d’abord dressé par ses anciennes connaissances qui ont toutes été fascinées par cette jeune femme ayant raconté à chacun un mensonge différent sur son identité. Car c’est bien le sujet de la série : qu’est-ce qui a poussé cette inconnue à mentir puis à arnaquer la jet set new-yorkaise ? Etait-ce simplement pour en être ? Et dans ce cas-là, n’a-t-elle pas fait ce que chacun rêve de faire lorsqu’on consulte les comptes Instagram des « rich  and famous » : les rejoindre et vivre avec eux ? A-t-elle été prise dans un engrenage infernal ? Pourquoi ont-ils tout accepté d’elle ? Sont-ils ses complices ?

Un double portrait en forme de duel

Ainsi, pendant les neuf épisodes de la mini-série, Shonda Rhimes laisse les portes ouvertes.  Elle ne condamne pas l’usurpatrice, elle essaie d’abord de la comprendre. Et ce faisant, elle montre à quel point l’utilisateur lambda des réseaux sociaux, la personne qui se contente de faire un selfie, est assez proche de celle que tout le monde a admirée avant de lui cracher dessus. Autre force de la série, c’est également une rencontre qui tourne au duel entre deux femmes : la journaliste enceinte voulant bien faire son travail face à une reine du mensonge confrontée à ses propres contradictions. Duel d’autant plus subtil que malgré les apparences, les deux femmes se ressemblent : l’une a voulu inventer sa propre histoire pour devenir une VIP et l’autre veut raconter l’histoire d’Anna pour se faire reconnaître comme reporter de talent… Chacune est donc tournée vers la lumière et a besoin de l’autre pour s’en sortir. C’est plus complexe que les apparences le laissent supposer, c’est tordu, c’est bel et bien du Shonda Rhimes…

Inventing Anna, dès maintenant sur Netflix, disponible avec CANAL+