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ZeroZeroZero : et si la cocaïne permettait de mieux comprendre la mondialisation ?

Le journaliste et écrivain italien Roberto Saviano (Gomorra) en est persuadé : le trafic de la cocaïne est une des clés pour comprendre le monde d’aujourd’hui.

C’est pour cela qu’il a décidé de s’y intéresser de près, signant, en 2014, le livre Extra Pure, Voyage dans l’économie de la cocaïne, dont est adaptée la série.

Pourquoi ? Car le narcotrafic est un pur produit de la mondialisation, avec un crime organisé à échelle internationale, dont tous les acteurs sont interdépendants.

Un trafic incroyablement lucratif pour tout le monde (comme le montre bien ZeroZeroZero) qui s’est pleinement inséré dans la « maritimisation » du monde, profitant des porte-conteneurs qui desservent tous les grands ports commerciaux.

ZeroZeroZero, sur les traces d’un cargo transportant un chargement hors normes d’or blanc, nous entraîne du Mexique, où la marchandise est conditionnée sous la houlette de cartels qui se livrent une guerre sans merci, à l’Italie, où la mafia gère la distribution.

En passant par les États-Unis, qui ont aussi leur rôle à jouer. Ou encore la plaque tournante de l’Afrique. Avec partout, des clans criminels de plus en plus violents et une concurrence de plus en plus féroce pour avoir la mainmise sur cette denrée si rentable.

« Ce qui m’intéresse, ce n’est pas la drogue et les dealers, mais l’argent que génère le trafic », a expliqué l’auteur, qui souligne que « l’ensemble du narcotrafic représente la première industrie au monde, devant celle du pétrole » et martèle que la cocaïne est « le cœur de l’économie ».

Le transporteur Edward Lynwood (Gabriel Byrne) ne dit pas autre chose : « Nous sommes le moteur de l’économie. Si on nous enlève de l’équation, alors tout leur système leur retombe sur le coin de la gueule. »

Le journaliste avance même que l’argent colossal du trafic, blanchi, aurait sauvé les banques américaines et européennes lors de la crise des subprimes en 2007-2008.

« Les liquidités des mafias ont permis au système financier de rester debout », dit-il. Pour lui, la cocaïne, valeur refuge, est le miroir le plus révélateur d’un capitalisme globalisé devenu fou. Et ce n’est pas une très bonne nouvelle. 

ZeroZeroZero, Création Originale, 8 x 52 min,disponible sur CANAL+.