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Il était une fois … Le PGA Tour se prépare pour le deuxième chapitre

Posté par Jim McCabe le 9 Juin 2020

FORT WORTH, TEXAS - Dans les déserts de Scottsdale, en Arizona, les derniers jours de janvier 2020 ne vivaient que les festivités du Waste Management Phoenix Open. Des chiffres rouges s’inscrivaient sur le tableau des scores, des cris de joie entouraient le célèbre 16e trou et sous le chapiteau, les athlètes divertissaient la foule.

C'était le 16e tournoi d'une saison 2019-20 qui avait démarré cinq mois auparavant et qui connaissait déjà un succès fou, surtout grâce à Tiger Woods qui avait encore gagné, remportant le Championnat ZOZO et se mettant à égalité avec Sam Snead pour le plus grand nombre de victoires dans l'histoire du PGA Tour. Justin Thomas avait lui aussi remporté deux victoires, et Rory McIlroy qui avait triomphé en Chine, était sur le point de revenir au premier rang mondial.

Dans l’ensemble, une brillante série de succès qui semblait de bon augure pour la popularité du golf au niveau mondial.

C’est à ce moment-là que des rapports provenant de l’étranger avaient fait état de la propagation d'un coronavirus. Bien que l'Organisation mondiale de la Santé ait suggéré que les pays se préparent à un « confinement » et à un « isolement » généralisés, les autorités fédérales, étatiques et locales des États-Unis n’insistaient pas sur ce que les experts de la santé qualifiaient de « distanciation sociale ».

Le 2 février, lorsque Webb Simpson avait battu Tony Finau en éliminatoires, la fête au TPC Scottsdale avait une fois de plus été un grand succès. Que le Tour, ou tout autre sport en Amérique, se trouve dans la même galaxie que le coronavirus, personne n’y pensait. Après tout, il n'y avait que sept cas confirmés aux États-Unis sur une population de 331 millions de personnes.

Mais moins de six semaines plus tard, un choc de galaxies jamais vu auparavant se produisait, et le Tour - comme presque toutes les autres activités américaines – se retrouvait face à une dure réalité.Il devait s'arrêter.

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La pandémie était survenue en une vague invisible au moment où le sport donnait le coup d'envoi d'une série d'événements attendus, à commencer par le Championnat des joueurs.

Mais il y avait un certain malaise. Dix-huit décès américains avaient été attribués au COVID-19 à ce moment-là, et plus de 1 200 cas signalés. La réalité médicale était encore plus préoccupante, car personne ne savait grand-chose sur ce virus et les questions étaient bien plus nombreuses que les réponses.

Jay Monahan, commissaire du PGA Tour, l'avait mentionné et avait parlé de se préparer.

Des informations, obtenues auprès du Dr Thomas Hospel, conseiller médical du PGA Tour, et des organisations de santé américaines et mondiales, avaient permis au tournoi de se poursuivre en toute confiance. Les zones à risque de COVID-19 étaient peu nombreuses ; le sport en Amérique était toujours d'actualité, et les officiels avaient donc quitté le TPC Sawgrass le 11 mars dans une grande impatience pour une brillante compétition.

Mais avant qu'ils ne se couchent ce soir-là, tout avait changé. Un joueur de la National Basketball Association avait été testé positif au COVID-19, et pour ceux qui suivaient le sport, il y avait de quoi s'inquiéter.

Le jeudi était arrivé avec une météo idéale et sans doute la plus grande foule du premier tour de l'histoire du tournoi. Les fans avaient regardé Hideki Matsuyama jouer à 9 contre 63, action qu’il n’aurait pas le temps de célébrer.

L’attention se portait ailleurs. La NBA suspendait sa saison, tout comme la Ligue nationale de hockey et la NASCAR. La Ligue majeure de baseball déclarait qu'elle ne commencerait pas sa saison ce mois-là.

Alors même que des gradins remplis regardaient le premier tour, Monahan et son équipe avaient pris la décision de jouer l'événement sans spectateurs. « La Maison Blanche et le bureau du gouverneur (de Floride) ont tous deux soutenu et soutiennent les mesures de précaution que nous avons prises jusqu'à présent », a déclaré le commissaire jeudi en milieu de journée.

« Mais », a-t-il ajouté, « il est important de noter que cela pourrait changer ».

Environ huit heures plus tard, c’est ce qui arrivait, d'une manière tout à fait impensable. Le Tour avait annulé le Championnat des joueurs.

Que s’’était-il passé de midi à tard dans la soirée ? Un certain nombre de joueurs ont exprimé leur inquiétude, avait dit Monahan, « et nous avons pris cela très au sérieux ».

Lentement, les États s’étaient mis en « confinement » ou « abri en place ». L'équipe de Monahan savait que le golf était pratiquement le dernier sport en lice. « C'est le plus grand événement de l'année pour nous », avait-t-il déclaré solennellement le 13 mars. « Mais même si nous avons le sentiment d’être dans un environnement sûr et que nous avons fait tout ce qu'il fallait, nous ne pouvons pas continuer et ce n'est pas bien de continuer ».

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Si la saison s’arrêtait avec une brutalité paralysante, il fallait garder le cap. Heureusement, Monahan était un homme de patience et de raison, et il avait utilisé chacun de ses atouts au fur et à mesure que tombaient les dominos.

Tout d'abord, l'annulation du Championnat des joueurs s’était étendue aux trois tournois suivants. Ensuite, une annonce choquante avait surpris tout le monde : le Masters, prévu comme chaque année en avril, serait reporté. Le Tour avait annulé quatre autres événements, et lorsque la PGA of America avait ajouté qu'elle reportait son championnat, cela signifiait que le golf disparaissait au moins jusqu’au 17 mai.

Monahan avait cependant gardé son optimiste et les joueurs l’avaient suivi avec confiance.

« Reporter est un mot réconfortant », avait déclaré Xander Schauffele. Tant que l’on parle de « reportér », je pense que les joueurs garderont espoir.

Monahan avait bien l'intention d’être à la hauteur de cet espoir, mais il y avait d'abord un obstacle à franchir. Les organismes professionnels mondiaux du golf - Masters, U.S. Golf Association, PGA of America, R&A, LPGA - avaient besoin d'être galvanisés, et non divisés, et Monahan avait été en première ligne des discussions.

Le 6 avril, les organisations avaient fait une annonce commune apportant des informations sur quatre tournois masculins importants. Le championnat de la PGA serait joué en août, l'U.S. Open en septembre, le Masters en novembre et l’US Open annulé.

Les dates des championnats majeurs ayant été confirmées, Monahan s’était mis au travail sur ce qui resterait du calendrier du Tour 2019-20. Une fois de plus, il s’était appuyé sur une organisation qui avait construit des fondations solides au cours de ses 51 ans d'existence. Monahan était déterminé à revenir, mais seulement avec des mesures de sécurité adéquates.

« Nous nous sommes engagés dès le début à être responsables, réfléchis et transparents dans notre processus de décision »", avait déclaré M. Monahan, qui avait révélé moins de deux semaines plus tard que le Tour reviendrait le 11 juin avec le Charles Schwab Challenge à Fort Worth, au Texas.

Il y aurait 14 tournois sur une période de 13 semaines, culminant avec trois éliminatoires FedExCup consécutives : Le Northern Trust, du 20 au 23 août ; le BMW Championship, du 27 au 30 août, et le Tour Championship, du 4 au 7 septembre. Un calendrier de 36 tournois avait été reprogrammé, 10 autres événements avaient été annulés, une poignée d'autres avaient dû changer de date et la vie de tout le monde en avait été affectée.

Entre le dernier tour de l'Arnold Palmer Invitational du 8 mars et le premier tour du Charles Schwab Challenge de cette semaine, il y avait eu 94 jours d'arrêt, avec des obstacles et une incertitude sans précédent. Mais jamais Monahan n’avait perdu la foi.

Lorsque l'impulsion avait été de retourner au golf, il avait tenu bon, constamment en dialogue avec les joueurs et les villes qui étaient prévues accueillir les tournois. Et il avait été soutenu par des dizaines de joueurs qui avaient utilisé les médias sociaux pour entretenir l’enthousiasme des fans.

A l’arrivée de juin, alors que les ligues sportives américaines ne s’étaient pas engagées à reprendre, la motivation du Tour avait semblé encore plus impressionnante. D’inlassables conversations avec les responsables de la santé et les dirigeants du gouvernement avaient permis au Tour de mettre en place un plan d’essai pour donner une certaine confiance.

Tout était en place, il s'agissait alors d'attendre l'arrivée de la semaine du Charles Schwab Challenge.