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Les Bleus neuf mois sans jouer, un tunnel à gérer

Posté par CNEWS le 15 Avril 2020

Champions d'un monde actuellement suspendu au coronavirus, les Bleus risquent de devoir attendre septembre pour se retrouver à nouveau, au moins neuf mois après leur dernier rassemblement. Pas idéal en vue de l'Euro de football, désormais prévu en 2021 au bout d'une saison probablement chargée.

Champions d'un monde actuellement suspendu au coronavirus, les Bleus risquent de devoir attendre septembre pour se retrouver à nouveau, au moins neuf mois après leur dernier rassemblement. Pas idéal en vue de l'Euro de football, désormais prévu en 2021 au bout d'une saison probablement chargée.

Entre Tirana (Albanie), lieu du dernier match de l'équipe de France le 17 novembre, et la Suède, lieu du prochain rendez-vous a priori prévu le 5 septembre en Ligue des nations, ce seront près de 300 jours écoulés sans arborer le maillot à deux étoiles pour les hommes de Didier Deschamps.

Une parenthèse presque inédite dans l'histoire de la sélection : il faut en effet remonter à l'année 1947 pour voir une période aussi longue sans rencontre des Bleus. En ces temps d'après-guerre, la victoire contre le Portugal à Colombes en mars (1-0) avait mis fin à une disette de plus de 10 mois, débutée en mai de l'année précédente.

Cette fois, la pandémie de Covid-19 a eu progressivement raison de tout le calendrier international du printemps 2020. L'Euro, d'abord, a été reporté à juin 2021 dès la mi-mars pour laisser aux compétitions de clubs la possibilité de terminer leur saison. Puis, successivement, les fenêtres internationales de mars, pour cause de crise sanitaire, puis de juin, là aussi pour libérer des créneaux aux clubs, ont été reportées.

Non sans froisser la Fédération française, attentive malgré l'urgence à son football de sélection. «J'aimerais bien qu'on tienne compte un peu plus des équipes nationales, car les fédérations en Europe et dans le monde vivent économiquement de leurs matches. On en a dix par an, ils doivent être protégés», expliquait à l'AFP son président Noël Le Graët fin mars.

UN CALENDRIER À DESSINER

Pour les Bleus, l'été risque d'être bien rempli. Nombre d'entre eux sont encore engagés dans de multiples compétitions, entre championnat et coupes d'Europe, autant de trophées que le football mondial compte bien attribuer malgré la crise.

Entre la saison actuelle à finir et la prochaine à débuter, il faudra pourtant trouver le moyen d'organiser des matches internationaux. «J'ai conscience que nous devons protéger les équipes nationales car le football international constitue pour la grande majorité (des fédérations) une question de survie», a en effet insisté il y a quelques jours Gianni Infantino, le patron de la Fifa, instance chapeautant le calendrier international.

Pas question donc, pour le moment, d'annuler les prochaines périodes de rassemblement. Selon plusieurs sources proches des instances, le scénario actuellement à l'étude au sein des autorités du football et apprécié des fédérations comprend le maintien de toutes les périodes internationales de la saison 2020-2021 aux créneaux pré-établis (septembre, octobre, novembre 2020, mars 2021), chacun d'entre eux se voyant densifié avec un match supplémentaire, mais pas rallongé.

Dans cette optique, en septembre 2020, les Bleus pourraient donc disputer, entre leurs rencontres face à la Suède et la Croatie en Ligue des nations, un match amical supplémentaire, par exemple contre l'Ukraine ou la Finlande, avec qui des «accords» avaient été signés pour des amicaux en mars.

Ainsi, étalée sur les quatre trêves internationales, cette reprogrammation permettra de «compenser tous les reports»  du printemps, selon une source proche du dossier. D'un point de vue sportif, ce match amical supplémentaire, dont l'intérêt risque d'être moindre, pourra également servir aux sélectionneurs pour tester de nouveaux joueurs, de nouveaux schémas.

UN RISQUE ACCRU DE BLESSURES

«Les matches vont s'accumuler, entre compétitions nationales et internationales. Cela pourrait devenir un problème, il faudra savoir s'adapter», pointe le sélectionneur italien Roberto Mancini.

Pour les Azzurri comme pour les Bleus en effet, il y a le bon côté - possiblement jusqu'à 12 matches pour se préparer à l'Euro entre septembre et mars -, mais aussi le mauvais : les blessures en cascade que ce calendrier pourrait entraîner, «DD» ayant régulièrement fustigé les «calendriers démentiels» du foot moderne.

Ainsi, Deschamps sera certes ravi de voir les actuels blessés (Lucas Hernandez, Paul Pogba, N'Golo Kanté, Ousmane Dembélé, Florian Thauvin, Kingsley Coman, Hugo Lloris...) disposer de plus de temps pour se remettre en forme en vue du Championnat d'Europe.

Mais à l'inverse, le vieillissement des cadres bleus les expose un peu plus aux blessures. Et l'accumulation de matches risque de venir garnir l'infirmerie des champions du monde...