Westworld (OCS), l’apothéose pour la saison 4

Posté par Marc Larcher le 20 juin 2022
Pour sa nouvelle saison, la série de Jonathan Nolan et Lisa Joy replonge le spectateur dans un spectacle total : visuels éblouissants, récit complexe, héros pleins de doute et de violence… La formule toujours aussi radicale de Westworld (OCS) continue de subjuguer.
La plus ambitieuse des séries

C’est le retour du poids lourd du monde des séries, la création la plus ambitieuse et la plus visuellement sophistiquée d’un univers hollywoodien qui, ces derniers temps, n’est pourtant pas avare en scénarios complexes et en dépenses somptuaires. Pour sa quatrième saison, Westworld la joue all in et va encore plus loin dans la démonstration de force que lors des saisons précédentes.

La paix entre les hôtes rebelles et leurs anciens maîtres va-t-elle durer ?

Avant d'entrer dans les détails, il faut tout d’abord revenir à là où nous en sommes d'une intrigue particulièrement sinueuse. Quand commence le premier épisode, sept années se sont écoulées depuis les émeutes de 2058 à Los Angeles, et chaque personnage, en particulier la mystérieuse Dolorès (Rachel Evan Wood), tente de reprendre le cours de sa vie. Mais dans l’ombre, l’homme en noir, l’effroyable William (Ed Harris) et l’ambitieuse Charlotte (Tessa Thompson) fomentent un plan qui pourrait de nouveau bouleverser l’ordre mondial. Alors que le temps les avait éloignés, les protagonistes du parc Westworld de la première saison et notamment Bernard Lowe (l’impérial Jeffrey Wright) pourraient être amenés à se confronter de nouveau. Il faudra un petit temps d’adaptation au spectateur avant de se remettre sur les rails de la narration mais visuellement, la virtuosité est de mise dès les premières minutes quand Ed Harris débarque au milieu d’un désert aride dans un barrage hydraulique appartenant à un cartel mexicain dont il a bien l’intention de faire l’acquisition. Ensuite, les plans survolant une métropole du futur où Dolorès vit et travaille hantée par ses souvenirs et sa capacité à créer de nouveaux scénarios sont également à couper le souffle. Et déjà, on sent que la violence omniprésente dans les saisons précédentes est encore tapie dans l’ombre, n’attendant qu’une nouvelle étincelle pour exploser.

Ainsi, la création de Jonathan Nolan et Lisa Joy (également réalisatrice de Reminiscence) est toujours aussi impressionnante et incarne à elle seule une catégorie de hyper-série : moyens colossaux, beauté formelle, récit complexe qui peut être lu comme un discours sur les séries elles-mêmes… Bref, la recette d’une efficacité redoutable n’a pas changé notamment parce que les personnages sont toujours aussi attachants, on pense en particulier à Aaron Paul (échappé de Breaking Bad) qui semble être un des seuls à ne pas perdre la tête dans un monde dont tous les repères ont explosé, et Thandiwe Newton, rebelle toujours aussi classieuse. Attention, il y a un nouvel invité de taille cette saison, c’est Ariana DeBose, l'actrice qui vient de décrocher l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle dans le remake de West Side Story. Autre surprise, les très nombreux amateurs de la première saison vont peut-être retrouver le principe initial du parc d’attraction pour robots et même revoir des lieux qu’ils ont déjà visités...

Une nouvelle frontière entre l’homme et la machine

Comme le film originel Mondwest (1973) de Michael Crichton avait anticipé l’invasion des automates dans la vie de tous les jours et la passion pour les parcs à thèmes, la série de 2022 continue de creuser la thématique de la prise de conscience des machines. Et elle met le spectateur face à des questions fascinantes : une machine, ou un "hôte" comme on les appelle dans Westworld, en est-elle encore une lorsqu’elle connaît sa propre identité et veut en sortir ? Et un humain qui s’amuse à tuer et violer des machines, ou à créer des récits assouvissant ces fantasmes-là est-il encore un être humain ? Ou encore, une machine qui sort du rôle auquel on l'a assignée peut-elle avoir raison ? Au moment où nous écrivons ces lignes, un ingénieur de Google vient de révéler avoir dialogué avec l’intelligence artificielle au centre de l'algorithme du groupe et que celle-ci était désormais consciente d’elle-même… OK Google.

Westworld, saison 4, en US+24 dès le 27 juin sur OCS, disponible avec CANAL+