Andor (Disney+) : le préquel de Rogue One est-il la meilleure série Star Wars ?

Posté par Alexis Lebrun le 22 septembre 2022
Après The Book of Boba Fett et Obi-Wan Kenobi, la nouvelle série Star Wars de Disney+ était attendue au tournant, et ce d’autant plus qu’elle est liée à l’un des meilleurs films de la saga. Heureusement, les fans de Rogue One peuvent souffler : Andor est à la hauteur du film de Gareth Edwards sorti en 2016.
Un Star Wars pas comme les autres

Il y a bientôt six ans, les fans de l’univers de George Lucas découvraient avec stupéfaction le film Rogue One, un blockbuster atypique au développement chaotique, aujourd’hui considéré comme le meilleur de la franchise depuis L’Empire contre-attaque (1980). Un petit miracle que l’on doit en grande partie à un homme, Tony Gilroy, embauché pour sauver le bébé au dernier moment.

En toute logique, c’est lui que l’on retrouve aujourd’hui à la barre de cette nouvelle série prenant place cinq ans avant les événements de Rogue One, film qui mène lui-même à l’épisode IV, Un nouvel espoir (1977). En tant que préquel officiel, Andor nous promet donc de comprendre comment Cassian Andor (Diego Luna) est devenu un Capitaine de l’Alliance Rebelle prêt à mourir pour détruire l’Empire.

Car au début de la série, il n’est encore qu’un voleur individualiste surtout préoccupé par sa propre survie. Difficile de lui en vouloir, puisqu’il s’agit d’une période très sombre dans la chronologie Star Wars : après avoir éliminé presque tous les Jedi (coucou Obi-Wan), l’Empire domine la galaxie et traque les moindres opposants, ce qui ne facilite pas vraiment la formation d’une résistance organisée.

La série sera aussi l’occasion d’en apprendre davantage sur l’enfance de Cassian, un réfugié adopté après avoir perdu sa planète à cause de l’Empire. Autant dire qu’Andor reprend à la lettre l’ambiance crépusculaire désespérée qui rend Rogue One si différent du tout-venant Star Wars produit par Disney.

Noir c’est noir

Visuellement aussi, la série est par exemple très éloignée du folklore, de la légèreté et des couleurs criardes controversées de Tatooine dans The Book of Boba Fett. Et la toute première scène, filmée dans le style néo-noir, donne le ton, en rendant ouvertement hommage à l’univers sombre, pluvieux et déprimant de Blade Runner (1982).

Ici, pas la moindre trace d’humour ni de combats au sabre laser entre Jedi et Sith pour satisfaire les plus jeunes, nous sommes bien en présence d’une vraie série Star Wars pour adultes, avec une violence et des décors nettement plus authentiques que dans les créations précédentes, très dépendantes des écrans verts et de la technologie StageCraft désormais omniprésente dans les blockbusters de Disney.

Les décors naturels sont donc pour beaucoup dans l’attrait d’Andor, d’autant qu’ils ont été confiés à un certain Luke Hull, le chef décorateur récompensé de Chernobyl (OCS). Cassian et ses proches doivent survivre sur Ferrix, une planète pleine de carcasses de métal, qui rappelle la décharge géante à ciel ouvert de Blade Runner 2049 (décidément).

Mais la série nous accroche surtout en nous plongeant dans le quotidien finalement assez misérable des employés de base de l’Empire, incarnés ici par quelques personnages prolos très zélés et persuadés de faire le bien en appliquant des règles et méthodes totalitaires. C'est une vision qui a le mérite de donner un peu de substance sociale à la série, où l’on retrouve aussi les classes dominantes dans la fameuse ville futuriste de Coruscant, au sein de laquelle les intrigues politiques se jouent autour d’un personnage bien connu des fans : Mon Mothma.

Une équipe de production prestigieuse

Eh oui, l’actrice Genevieve O'Reilly reprend le rôle qu’elle tenait déjà dans La Revanche des Sith (2005) et Rogue One, mais elle n’est pas la seule, puisque le grand Forest Whitaker fera également son retour dans la peau de Saw Gerrera, le personnage rebelle brièvement aperçu dans le film de Gareth Edwards. On retrouve encore beaucoup d’autres visages connus au sein du casting, comme Fiona Shaw (Killing Eve sur CANAL+), Denise Gough (Sur ordre de Dieu sur Disney+), Adria Arjona (True Detective et Irma Vep sur OCS) et surtout Stellan Skarsgård, l’incontournable acteur suédois, présent dans Chernobyl (OCS).

Il y a également du beau monde derrière la caméra, puisque le réalisateur de la moitié des épisodes est Toby Haynes, responsable d’un épisode culte de Black Mirror (Netflix), USS Callister. Mais les noms les plus ronflants se trouvent dans l’équipe des scénaristes, puisque Beau Willimon (House of Cards sur Netflix), Dan Gilroy (scénariste et réalisateur de la pépite Nightcrawler au cinéma en 2014), et son frère Tony (réalisateur du film Michael Clayton en 2007 et scénariste de toute la saga Jason Bourne avant d’intervenir sur Rogue One) ont signé la quasi-totalité des épisodes.

Enfin, ce très beau monde a été accompagné par un compositeur en pleine bourre, Nicholas Britell, auteur entre autres de la musique mémorable de Succession (OCS). Avec une telle addition de talents, les attentes envers Andor sont légitimement élevées, mais la série devrait quoi qu’il arrive faire la jonction avec le début de Rogue One, grâce à une deuxième saison prévue dans deux ans.

Andor, en ce moment sur Disney+, disponible avec CANAL+.