Tom Cruise : la grande classe !

Posté par Renaud Villain le 19 mai 2022
Ce mercredi 18 mai après-midi, après sa descente d’hélicoptère sur la croisette et les rituels clichés accordés aux photographes dont les cris nous déchirent les tympans, Tom Cruise, acteur prolifique et légende d’Hollywood depuis plus de 40 ans, s’est engouffré dans une salle pleine comme en œuf pour accorder à notre ami Didier Allouch une Masterclass très attendue.

L’acteur de 59 ans, qui n’a toujours pas pris une ride, a d’abord évoqué la naissance précoce de son amour pour le cinéma, expliquant notamment qu’il déblayait la neige devant le perron de ses voisins ou tondaient des kilomètres de pelouse afin de s’offrir le petit pécule nécessaire pour lui permettre d’acheter des tickets de cinéma. A l’âge de 18 ans, il passe ses premiers castings et, dès la seconde tentative, il est pris dans un petit rôle. Sa soif de connaissance de tous les processus de fabrication, de tous les petits métiers du cinéma peut alors être satisfaite.

La présence de Tom Cruise, grand évènement sur la croisette (il n’était pas venu depuis depuis 30 ans), est liée à la projection de « Top Gun : Maverick » de Joseph Kosinski, suite tardive d’un premier opus signé Tony Scott (1986). Cette suite devait initialement sortir en 2019 mais, Covid oblige, elle a été reportée de trois ans. Ingénument, la question lui est posée : pourquoi ne pas avoir cédé aux sirènes des plateformes ? 

Voici sa réponse : 

« On n’a pas osé me faire cette suggestion ! Ca n’arrivera jamais, je peux vous certifier que cela ne va jamais avoir lieu pour mes films. Dans les salles de cinéma, il y a des popcorns mais aussi des exploitants qui gèrent des salles et je leur dis : « Je sais les difficultés que vous vivez en ce moment ! » Nous allons à continuer notre « Mission impossible »(…) Je comprends les questions liées à l’industrie, au « Business », mais les films, lorsqu’ils sont faits pour le cinéma, pour le grand écran, sont conçus d’une façon très spécifique. Ce sont des films qui sont faits pour distraire le public, pour les faire participer à quelque chose. (…) Ecrire pour un film de cinéma est totalement autre chose que d’écrire pour un film de télévision. (…) Le cinéma, c’est ma passion, c’est ce que j’aime. Je vais toujours voir les films en salle lorsqu’ils sortent. Je mets ma casquette et je me mêle au public comme n’importe quel autre spectateur. »

Tom Cruise a par ailleurs, à de multiples reprises, souligné l’importance du travail d’équipe sur un plateau de tournage et les raisons qui l’ont poussé au fur et à mesure de sa carrière à s’impliquer dans la production de ses films : 

« J’ai commencé à produire des films par nécessité. Afin de pouvoir faire ce que je voulais faire afin de pouvoir soutenir mes projets et les faire comme je voulais qu’ils soient faits. C’est vraiment ça qui me plait. Parfois, c’est difficile, cela rend humble, mais c’est merveilleux. (…) Je ne prends jamais les choses comme une évidence, rien ne m’est dû. (…) En tant qu’acteur débutant, j’ai eu de la chance qu’on me montre les rushes. Le réalisateur Harold Becker (« Taps » 1981) m’a dit : « Peut-être que te voir à l’écran et t’entendre à l’écran vont te paraître désagréable, mais regarde ces images en te mettant à la place du public. » Et c’est le principe que j’ai toujours conservé tout au long de ma vie. Lorsque je regarde un film, je le fais du point de vue du spectateur. (…) J’ai remarqué que selon l’endroit où je me trouvais devant la caméra, selon l’éclairage donné, cela donnait un effet différent. Et en regardant les différentes prises d’une même scène sous ces différents cadrages, l’impression différait aussi considérablement. Par conséquent je continue toujours à apprendre, à explorer et j’essaie humblement de faire toujours de mon mieux, comme aujourd’hui avec « Top Gun : Maverick ». »

Des films et des réalisateurs de renom, il en a été question évidemment, mais en quelques 40 minutes de Masterclass, tous ne pouvaient pas être évoqués. Citons simplement le film sans doute le plus « artistique » de la filmographie de l’acteur-cascadeur : « Eyes Wide Shut », ultime chef d’oeuvre du génie Stanley Kubrick (1999). Tom Cruise : 

« Avec Stanley, nous avons fait de nombreuses prises. Ce qui était merveilleux c’est que chaque matin on regardait les rushes, on regardait le cadre, il nous expliquait ce qu’il voulait faire et on passait beaucoup de temps à parler de différents éclairages, de différents objectifs et du ton qu’il voulait donner au film. Dans ce film tout était déstabilisant. Il avait son propre style et c’est quelque chose que l’on doit découvrir par soi-même. Je me rappelle d’une scène, cela ne marchait pas, on n’y arrivait pas. Et puis Stanley, Nic (Nicole Kidman) et moi avons finalement fini par découvrir le ton juste. Et quand le ton est juste, on le sait. L’expérimentation au cinéma demande de la préparation. Cette préparation, c’est l’essentiel, même si par la suite le rush part à la poubelle, ce n’a pas d’importance. On se prépare. On prépare quelque chose qui sera vivant devant la caméra. Je ne veux pas que le spectateur se perde dans l’interrogation de ce qui se passe derrière la caméra, je veux seulement qu’il soit capté par ce qui apparaît à l’écran et qui est le résultat de ce travail. »

D’autres belles Masterclass vont se dérouler prochainement… Nous vous rendrons compte de celles de Javier Bardem et de Mads Mikkelsen en temps et en heure ! 

 

photos © AFP

CANAL+ est fier d’être le partenaire de tous ces événements prestigieux :

------------------------------------------------------------------------------------------------------

Toutes les vidéos cinéma, films et émissions sont disponibles sur myCANAL

Suivez Cinéma Canal+ sur :

Facebook

Twitter

Instagram