THE APPRENTICE : que pense Donald Trump du film ?
Après une présentation en compétition au Festival de Cannes 2024, THE APPRENTICE d’Ali Abbasi est disponible sur CANAL+. Ce biopic sur les jeunes années de Donald Trump incarné par Sebastian Stan n’a pas manqué d’attirer l’attention du président des États-Unis. Qu’en a-t-il pensé ?
THE APPRENTICE : Sebastian Stan se tranforme en Donald Trump
Sélectionné en compétition officielle au 77e Festival de Cannes, THE APPRENTICE est signé du cinéaste danois Ali Abbasi, déjà remarqué avec ses films BORDER (2018) et LES NUITS DE MASHAD (2022).
Ici, il s’attaque à un sujet explosif : les débuts de Donald Trump, bien avant son entrée en politique, alors qu’il se forgeait un nom comme promoteur immobilier à New York.
Le film s’intéresse plus particulièrement aux années 1970 et 1980, époque où l’ambition dévorante de Trump commence à se dessiner. Sebastian Stan incarne un Trump jeune et affamé, porté par le désir de réussite et l’obsession du pouvoir. À ses côtés, Jeremy Strong joue Roy Cohn, avocat sulfureux et figure tutélaire, véritable maître à penser dont l’influence marque profondément le futur président. Maria Bakalova, révélée dans BORAT 2 interprète quand à elle Ivana Trump, première épouse de Donald Trump.
Plutôt qu’un portrait hagiographique, Ali Abbasi signe un récit sombre, qui explore l’envers du décor, entre manipulation, brutalité et construction méthodique d’une image publique. Avec un style incisif et un sens du détail historique, le réalisateur montre comment le mythe Trump a pris racine dans un New York clinquant, mais miné par la corruption et les luttes d’influence.
Qu’a pensé Donald Trump de THE APPRENTICE ?
À sa sortie dans les salles américaines, THE APPRENTICE a déclenché une véritable tempête médiatique. En octobre 2024, en pleine campagne électorale, Donald Trump s’est emporté contre le film qu’il considère comme une attaque personnelle.
Sur son réseau Truth Social, l’ancien président a multiplié les invectives. Il a dénoncé un « faux film », « vulgaire » et « politiquement dégoûtant », accusant l’équipe d’avoir monté une opération pour saboter sa candidature. Dans ses messages, il a même qualifié les auteurs de « racaille humaine », allant jusqu’à traiter le scénariste Gabe Sherman de « raté sans talent ». Un vocabulaire outrancier qui a immédiatement fait la une des médias américains et contribué à braquer les projecteurs sur le film.
L’équipe de campagne de Trump a rapidement pris le relais en promettant des poursuites judiciaires. Selon ses porte-parole, THE APPRENTICE ne serait qu’un « ramassis de mensonges depuis longtemps démentis », un exemple d’« ingérence électorale orchestrée par Hollywood » et une tentative de manipuler l’opinion publique. En ciblant à la fois le fond du scénario et le moment de sa sortie, l’ancien président a cherché à discréditer un film présenté comme une menace politique autant qu’artistique.
Face à ces attaques, le réalisateur Ali Abbasi a choisi l’ironie plutôt que l’affrontement. Sur X (ex-Twitter), il a remercié Donald Trump pour l’attention portée à son œuvre et, dans un trait d’humour remarqué, lui a proposé de l’appeler directement pour en discuter.
