Luther, l'intégrale de notre flic borderline préféré

Posté par Marc Larcher le 30 juin 2022
En diffusant les quatre premières saisons de « Luther », Polar + frappe un grand coup. En enquêteur tourmenté, Idris Elba crève à nouveau l’écran face aux pires criminels londoniens.
Une dégaine imparable

On est heureux de le retrouver sur Polar +. Inchangé, beau gosse mais toujours aussi sombre, têtu, ingérable en collectivité, déambulant dans les rues de Londres avec la démarche du mec qu’il ne faut pas embêter, son vieux manteau en laine sur le dos et un peu plus loin sa Volvo 240 mal garée. Voici donc John Luther, flic anglais expert des crimes les plus tordus au sein de la « serious and serial unit »  qui pendant cinq saisons a ravi ses fans.

Le meilleur flic contre les plus flippants des tueurs

Il n’y a rien d’étonnant à ce que la création pour la BBC du romancier Neil Cross (« MI-5 ») ait marqué l’histoire des séries tant elle est née avec un parrainage exceptionnel. Le showrunner l’a expliqué d’emblée en 2010 lors du lancement de la première saison : il s’est inspiré de deux des plus grands détectives de l’histoire. Rien de moins que Sherlock Holmes, le héros du romancier Conan Doyle devenue une icône de la culture britannique et de l’inspecteur Columbo, le flic de Los Angeles qui ne paye pas de mine dans son imper dégueu mais qui résout tous les crimes commis dans la haute société hollywoodienne. On note au passage que « Luther » emprunte sa trame narrative au feuilleton américain puisqu’on découvre l’assassin ou le crime dès les premières minutes de chaque épisode avant de voir comment le flic taciturne va résoudre l’affaire. La série explore avec habileté deux univers qui s’affrontent : un monde interlope où les pires crimes sont conçus et perpétrés par des psychopathes – on plaint d'ailleurs les scénaristes devant imaginer les plus pervers des outrages – et l’esprit de John Luther, tout aussi perturbé, hanté par son passé et les crimes antérieurs qu’il a dû résoudre. Nous sommes donc face à un homme juste mais aussi impulsif et violent. C’est la force de l’interprétation d’Idris Elba, on l’admire autant qu’on le plaint, la puissance de sa capacité de déduction n’ayant d’équivalent que sa capacité à faire foirer ses relations sociales. D’une saison à l’autre, on se souvient d’un tueur en série qui travestit ses victimes en les habillant à la mode punk des années 1980, de l’arrivée des « bœuf-carottes » britanniques qui lancent une enquête confidentielle sur Luther à cause de ses multiples débordements, du tueur qui choisit ses victimes au hasard ou du cannibale qui se croit mort…

Des décors aux personnages secondaires, un plaisir infini

On peut aussi regarder cette intégrale pour les multiples personnages secondaires, tous aussi bien campés. Il y a bien sûr Martin Schenk (Dermot Crowley) le chef de service qui s’arrache les cheveux pour canaliser son meilleur limier, George Stark (David O’Hara), un flic sorti de sa retraite pour faire tomber Luther et surtout Alice Morgan (l’inquiétante Ruth Wilson), qui le harcèle sans qu’on sache s’il s’agit d’amitié, d’amour ou de pure folie. Et que Luther soupçonne par ailleurs d’avoir assassiné ses parents... Il y a également la vision surréaliste de la capitale anglaise, devenant un terrain de chasse pour détraqués, qui n’est pas sans rappeler celle de Dr Jekyll et Mr Hyde mais en puissance 10 ! En un mot, on replonge volontiers avec lui dans la Tamise.

L'intégrale Luther sur POLAR+, disponible avec CANAL+.