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MAFIA BLUES, le film qui a amorcé le tournant comique de Robert De Niro

Posté par Alexis Lebrun le 16 novembre 2021
Quand le long-métrage réalisé par Harold Ramis sort en 1999, le monstre sacré du cinéma américain a 56 ans, et cela fait près de trois décennies qu’il est top de sa forme, enchaînant les grands rôles dramatiques. Mais avec MAFIA BLUES, il décide pourtant de prendre ses fans à contre-pied et révèle au grand public qu’il a également un don pour la comédie, en se moquant de ses rôles les plus célèbres.
This is not THE SOPRANOS

On le sait depuis la première apparition de James Gandolfini dans la série de David Chase : les gangsters aussi ont le droit d’avoir des questionnements existentiels. Coïncidence ou non, le premier épisode des SOPRANO (OCS) a été diffusé deux mois avant la sortie de MAFIA BLUES, mais l’ombre écrasante du chef-d’œuvre sériel signé HBO n’enlève rien aux qualités du film d’Harold Ramis. On y retrouve Robert De Niro dans un rôle qu’il connaît par cœur, celui d’un dangereux parrain de la mafia new-yorkaise. Oui mais cette fois, il y a un changement majeur : le personnage qu’il incarne (Paul Vitti) n’est plus que l’ombre de lui-même, car il souffre – entre autres – de crises de panique et n’arrive plus à contrôler ses émotions dans certaines situations. Comme le hasard fait bien les choses, sa route croise celle de Ben Sobel (Billy Crystal), un psychiatre sans envergure qui s’ennuie à mourir dans ses consultations et souffre de la comparaison avec son père.

Il faut imaginer la suite, soit un Robert De Niro tiraillé entre des bouffées de violence et d’émotion, terrifiant le pauvre psy qui aimerait bien vivre assez longtemps pour réussir son mariage avec Laura, jouée par l’hilarante Lisa Kudrow, échappée de la série FRIENDS (David Crane et Marta Kauffman). Le casting du film est d’ailleurs ce qui le rend aussi indémodable aujourd’hui : Billy Crystal est beaucoup trop drôle dans le rôle du psy apeuré, Joe Viterelli est parfait en homme de main mi-rassurant, mi-menaçant, et que dire du patron Robert De Niro, qui parodie avec une autodérision jouissive les mafieux très sérieux et dangereux qu’il jouait dans LE PARRAIN II (Francis Ford Coppola, 1974) ou LES AFFRANCHIS (Martin Scorsese, 1990). Cette réussite engendrera d’ailleurs une suite sortie en 2002 (MAFIA BLUES 2), toujours réalisée par Harold Ramis, et où l’on retrouve les mêmes acteurs dans des situations encore plus absurdes, avec un clin d’œil génial aux SOPRANO puisque le personnage joué par De Niro se retrouve à bosser pour une série sur l’univers de la mafia…

Robert De Niro et la comédie, un mariage contrasté

Depuis que l’acteur américain a changé de registre au début des années 2000 après MAFIA BLUES, tout le monde est d’accord pour dire que sa filmographie est un peu plus cahotante que par le passé. L’acteur sait qu’il n’a plus rien à prouver à Hollywood et décide de s’amuser dans des comédies parfois très éloignées de ses grands rôles, et ce choix ne devrait pas être considéré comme honteux. Cela dit, avouons aussi qu’il y a à boire et à manger dans ces comédies. Si tout a bien commencé avec MON BEAU-PÈRE ET MOI (Jay Roach, 2000), dont le succès donnera naissance à deux suites, il y a eu aussi un certain nombre de catastrophes, parmi lesquelles le duo formé avec Eddie Murphy dans SHOWTIME (Tom Dey, 2002). Mais si les années 2000 ont été parfois très difficiles pour Robert De Niro, il a heureusement réussi à redresser la barre dans la décennie suivante en compagnie notamment de Jennifer Lawrence dans deux films charmants de David O. Russell, HAPPINESS THERAPY (2012) et JOY (2015).

On peut en dire de même du pas désagréable LE NOUVEAU STAGIAIRE (Nancy Meyers, 2015), où De Niro embrasse sa nouvelle étiquette de septuagénaire avec une certaine sobriété, ce qui ne l’empêche pas de replonger l’année suivante avec l’affreux DIRTY PAPY (Dan Mazer) puis le peu ragoûtant MON GRAND-PÈRE ET MOI (Tim Hill), sorti l’an dernier. Mais que les fans du Robert sérieux se rassurent : l’année 2019 a marqué son retour aux drames ambitieux et oscarisables – avec THE IRISHMAN (Martin Scorsese) mais aussi JOKER (Todd Philips) – et il devrait être à l’affiche de plusieurs films d’envergure l’année prochaine, signés de noms aussi prestigieux que Martin Scorsese, David O. Russell ou encore James Gray. On dirait bien que Robert a fini de rire, mais on ne serait pas contre un petit MAFIA BLUES 3, histoire de rappeler à tout le monde qu’il est aussi un grand talent comique.

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