MUGANGA – CELUI QUI SOIGNE : que devient le médecin à l’origine du film ?
MUGANGA – CELUI QUI SOIGNE raconte le combat du docteur Denis Mukwege, toujours d'actualité, pour venir en aide aux femmes victimes de violences sexuelles dans l’est du Congo. Un film éprouvant, disponible sur CANAL+.
Des médecins face à l’horreur
Pour son premier long-métrage, Marie-Hélène Roux a frappé fort. Avec MUGANGA – CELUI QUI SOIGNE, la réalisatrice retrace le parcours de Denis Mukwege, médecin au Congo, et sa collaboration avec le chirurgien belge Guy Cadière. Ensemble, ils ont permis à plus de 87 000 femmes victimes de mutilations génitales d’être prises en charge et soignées dans l’hôpital de Panzi à Bukavu, à l’est du Congo.
Tiré de leur expérience, relatée dans le livre Panzi (2014), le film met en avant l’horreur vécue par ces femmes, la relation professionnelle et amicale entre Denis Mukwege et Guy Cadière (incarnés à l’écran par Isaach de Bankolé et Vincent Macaigne), ainsi que les menaces subies par le chirurgien congolais.
Dans les derniers moments de MUGANGA – CELUI QUI SOIGNE, Denis Mukwege est visé par un attentat à son domicile, ce qui le pousse à quitter le pays. Mais le soutien des femmes au Congo, et de son ami Guy Cadière, finissent par le convaincre de reprendre sa mission à l’hôpital de Panzi.

Après le film, le combat de Denis Mukwege continue
À son retour au Congo en 2013, Denis Mukwege résidait à l’hôpital de Panzi et bénéficiait d’une protection mise en place par l’ONU : une brigade de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO). La pandémie de Covid-19 a provoqué le retrait de cette protection. De nouvelles menaces contre Denis Mukwege ont poussé l’ONU à la restaurer par la suite.
Depuis toutes ces années, Denis Mukwege a reçu de nombreuses distinctions. Entre autres, il a été fait officier de la Légion d’honneur en 2013 et a reçu le prix des droits de l’homme des Nations unies en 2008, avant de remporter le prix Nobel de la paix en 2018 (colauréat avec Nadia Murad). Des récompenses qui n’ont pas permis de faire cesser les menaces à son encontre ni de stopper les violences faites aux femmes dans la région.
En 2025, le M23 (Mouvement du 23 mars) et l’armée rwandaise ont mené une nouvelle attaque. Le groupe armé s’est ainsi emparé de Bukavu, et Denis Mukwege a dû quitter l’hôpital de Panzi. Il vit depuis en exil, mais continue d’alerter sur la situation. Heureusement, malgré son absence, l’hôpital aide toujours les femmes victimes de violences sexuelles.
Denis Mukwege expliquait ainsi en octobre 2025 au média allemand DW :
Malgré mon absence, il y a une équipe bien formée, une équipe très engagée, motivée, qui continue à prendre les victimes des violences sexuelles en charge en mon absence. Et je dois vous garantir, j'ai des jeunes médecins formés, que j'ai formés aussi sur le plan théorique à l'université et sur le plan pratique à l'hôpital, qui font mieux que moi.
