BLONDE sera-t-il le biopic ultime sur Marilyn Monroe ?

Posté par Alexis Lebrun le 21 septembre 2022
Projeté en avant-première à la Mostra de Venise, le film d’Andrew Dominik produit par Brad Pitt est l’un des films les plus attendus de la rentrée. Marilyn Monroe oblige, BLONDE déchaîne en effet les passions depuis des mois pour de plus ou moins bonnes raisons, mais il pourrait surtout faire d’Ana de Armas la favorite à l’Oscar de la meilleure actrice.
Un biopic non-conventionnel

Soixante ans après sa mort aussi mystérieuse que tragiquement prématurée, Marilyn Monroe reste l’une des icones les plus fascinantes de la pop culture, et une des personnalités les plus emblématiques du vingtième siècle. Un statut de légende incomprise qui a notamment inspiré à l’écrivaine américaine Joyce Carol Oates l’écriture d’une bio fictive fameuse, la bien nommée BLONDE publiée en 2000. C’est ce best-seller qui est aujourd’hui adapté à l’écran par le réalisateur australo-néo-zélandais Andrew Dominik. Cela signifie d'abord que cette version long-métrage de BLONDE est un biopic très romancé contenant une part de fiction importante.

C’est certes le cas de beaucoup de films de ce genre aujourd’hui, mais celui-ci devrait se distinguer en adoptant le point de vue de Marilyn Monroe pour mieux mettre en évidence le décalage entre son image publique de sex-symbol et sa vie privée mouvementée sous son nom de naissance, Norma Jeane. En près de trois heures – annoncées comme exigeantes avec une chronologie non-linéaire, une photographie principalement en noir et blanc et un format 4/3 –, le film d’Andrew Dominik reviendra sur les événements décisifs de la carrière de Marilyn, et donc la façon dont elle a été détruite par une industrie hollywoodienne misogyne et impitoyable avec les jeunes actrices.

La dimension féministe du roman de Joyce Carol Oates sera évidemment au cœur du film, et le réalisateur n’a visiblement fait aucune concession vis-à-vis de Netflix. Preuve que BLONDE ne devrait pas être un énième biopic tiède et consensuel, il a d’ores et déjà été interdit aux mineurs aux Etats-Unis (il est le seul dans ce cas cette année), une première pour un long-métrage sorti sur une plateforme de streaming. On a beaucoup parlé dans les médias des scènes de sexe prétendument bouillantes du film, qui auraient donné des sueurs froides à Netflix, mais Andrew Dominik semble avoir eu le dernier mot face à la plateforme sur ce point aussi. Le casting de l’actrice cubano-espagnole Ana de Armas a également fait couler beaucoup d’encre, au point que les ayants droit de Marilyn Monroe ont été obligés de venir à sa rescousse avant même la sortie du film.

Un projet vieux de plus de dix ans

Une polémique parfaitement inutile et déplacée : dans la bande-annonce diffusée, la transformation physique d’Ana de Armas est aussi bluffante que son travail sur sa voix. Et en plus d’être une excellente actrice, elle n’est pas du genre à être effrayée par la pression des blockbusters, puisqu’elle a récemment illuminé de sa présence MOURIR PEUT ATTENDRE (Cary Joji Fukunaga, 2021) et THE GRAY MAN (Anthony et Joe Russo, 2022). Le reste du casting pique aussi notre curiosité, puisque les deux maris les plus célèbres de Marilyn, Arthur Miller et Joe DiMaggio, sont respectivement incarnés par Adrien Brody et Bobby Cannavale, tandis que Xavier Samuel (déjà présent dans le ELVIS de Baz Luhrmann cet été) se glissera dans la peau de Charles Chaplin Jr.

Quant à Andrew Dominik, il faut rappeler que son perfectionnisme en a fait l’un des réalisateurs les moins prolifiques des dernières années, puisque BLONDE est tout simplement le premier film de fiction du réalisateur de CHOPPER (2000) depuis la sortie de COGAN: KILLING THEM SOFTLY en 2012, sa deuxième collaboration avec Brad Pitt après le déjà culte L'ASSASSINAT DE JESSE JAMES PAR LE LACHE ROBERT FORD (2007). On raconte que Dominik travaille sur l’adaptation de BLONDE depuis 2010, mais il a visiblement dû attendre longtemps avant de sécuriser avec Netflix le financement de ce projet qui lui tenait à cœur.

Reste à voir s’il fera mieux que ses prédécesseurs ayant déjà tenté de porter avec plus ou moins de succès la vie de Marilyn à l’écran, comme Simon Curtis dans MY WEEK WITH MARILYN (2011), avec à la clé une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice pour Michelle Williams. Le roman de Joyce Carol Oates a également déjà été adapté à la télévision en 2001 avec un téléfilm nommé lui aussi BLONDE (Joyce Chopra), dans lequel Marilyn était jouée par Poppy Montgomery. Toujours sur le petit écran, peu de gens se souviennent de NORMA JEAN AND MARILYN (Tim Fywell, 1996), téléfilm HBO avec Mira Sorvino, ou de la mini-série THE SECRET LIFE OF MARILYN MONROE (Stephen Kronish, 2015) avec Kelli Garner dans le rôle principal. Autrement dit, le grand biopic sur Marilyn Monroe n’existe pas encore. Rendez-vous le 28 septembre sur Netflix pour déterminer si cette affirmation tient toujours ou non.

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