Cannes 2022 : LES AMANDIERS de Valeria Bruni Tedeschi en conférence de presse

Posté par Renaud Villain le 23 mai 2022
Pour cette conférence de presse autour du premier film de Valeria Bruni Tedeschi en Compétition Officielle (son 7ème long métrage comme réalisatrice depuis « Il est plus facile pour un chameau… » en 2002), c’est une véritable troupe qui s’assied à table pour répondre aux questions des journalistes du monde entier. 9 personnes en tout : 4 acteurs (Nadia Tereszkiewicz / Sofiane Benacer/ Louis Garrel et Micha Lescot), 2 co-scénaristes (Noémie Lvovsky et Angès de Sacy), un producteur (Patrick Sobelman) et sa coproductrice (Alexandra Henochsberg) et enfin la réalisatrice, célèbre sœur de qui vous savez !

Et c’est bien normal que l’équipe du film « Les Amandiers » soit en nombre représentée puisqu’il s’agit d’évoquer les années 80 et les expériences théâtrales du grand metteur en scène de théâtre mais aussi de cinéma, Patrice Chéreau, à Nanterre. Valeria Bruni Tedeschi commence par expliquer que ce film, elle ne l’aurait pas fait sans l’insistance de l’acteur et metteur en scène Thierry de Perretti (son activité est essentiellement théâtrale même s’il a signé 3 longs métrages dont récemment « Enquête sur un scandale d’Etat »…) pour que Valeria donne sa version, son souvenir de cette époque bouillonnante et folle où planait l’ombre du sida et de l’overdose d’héroïne. Car le fantôme de Patrice Chéreau, c’est un peu la statue du Commandeur ! Louis Garrel, qui l’interprète dans le film, évoque même un « truc un peu vaudou » :  

« J’ai regardé le documentaire « Il était une fois 19 acteurs » (François Manceau, 1986). Et voir Patrice Chéreau mettre en scène, c’était un spectacle en soi ! Dans ce documentaire vous pouvez d’ailleurs voir une interview lunaire d’une certaine Valeria Bruni Tedeschi qui dit des trucs complètement fous ! (…) C’est vrai qu’incarner des personnages qui ont existé, c’est difficile. On a vraiment des comptes à leur rendre ».

Noémie Lvovsky, avec Agnès de Sacy et Valeria, en 20 ans de collaboration et 5 longs métrages écrits ensemble, fait partie d’un brillant trio de plume que l’on pourrait surnommer « Les trois sœurs » (pièce de Tchekhov et base du 4ème long métrage de Valeria Bruni Tedeschi en 2015), tant leur inspiration tchekhovienne est évidente. Noémie Lvovsky abonde dans le sens de Louis Garrel en disant que poser sur leurs personnages semi-fictifs les noms de Patrice Chéreau et Pierre Romans (co-fondateur de l’école de Nanterre) a posé question. Pour le film « Les Amandiers », Valeria Bruni Tedeschi a pris le luxe de trois mois de casting. Elle cherchait des jeunes acteurs à même de restituer toute la fougue et l’incandescence de cet âge à cette période donnée :  

« On brûle sur scène et au cinéma mais ça ne nous réduit pas en cendres. Comme Noémie, j’ai eu peur de ma dépendance au regard des autres, c’est pourquoi, j’ai commencé à écrire des textes et, poussée toujours par Noémie, j’ai fini par les porter à l’écran. (…) Ce film est plein de mon expérience de théâtre même si je n’ai pas l’expérience qu’en a un acteur comme Micha Lescot. (…) Nous nous sommes basés sur les répétitions et le souvenir que j’en avais de « Platonov » de Tchekhov dans la très belle mise en scène de Patrice (1987 – Les Amandiers). »

 Le challenge de la metteure en scène était de ne surtout pas que cela fasse « théâtre au cinéma », quelque chose de plaqué et qui sonne faux. Pour son casting, Valeria explique qu’elle n’a pas forcément sélectionné les comédiens qui étaient les meilleurs, mais qu’elle a choisi des « personnalités » aussi bien que des accords : que ce soit en « groupe » (la troupe théâtrale) ou en couple de personnages.  

« Le plus difficile, confesse-t-elle, c’était d’avoir à dire non et à écarter ceux qui n’avaient pas été retenus ».

Il y en a une en tout cas dont vous devrez absolument retenir le nom, même s’il est difficile à prononcer, c’est celui du personnage principal féminin (Stella) incarné par Nadia Tereszkiewicz, jeune franco-finlandaise de 25. Les premiers tweets qui ressortent de la projection du film laissent entendre que l’on a peut-être sous la main le futur prix d’interprétation féminine. Nadia a d’ailleurs découvert le film, comme tout le reste des spectateurs, le soir de cette première cannoise :  

« Ca a été une découverte. Ce que l’on peut dire c’est que l’on sort différent de ce tournage. Il y a indéniablement un avant et un après. (…) Valeria nous a tellement plongé dans un univers de travail qu’elle nous a fait oublier la peur de l’échec. Elle cherchait même à filmer nos erreurs, nos errements. C’était un travail du collectif ou la vie et le travail se mêlaient. Je crois que c’est ce que Valeria a vécu aux Amandiers (…) Il s’agissait de ne surtout pas imiter Valeria. Elle nous voulait dans une fièvre permanente, pas un petit 38° mais 41°… nous devions nous trouver en permanence au bord d’un précipice » !

« Les Amandiers » de Valeria Bruni Tedeschi doit sortir en salles, si tout va bien, le 9 novembre prochain

 

photos © AFP

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